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Adrien Dolimont dépeint par des élus MR : la bonne (et obéissante) surprise (portrait)

Pierre Havaux
Pierre Havaux Journaliste au Vif

Personne ne s’attendait à ce qu’Adrien Dolimont devienne ministre wallon du Budget, en remplacement de Jean-Luc Crucke. Mais maintenant que son nom est confirmé, personne ne s’en étonne: plusieurs élus MR le décrivent comme un « gars sympa », discret autant que compétent, bien qu’il n’ait pas d’expérience au-delà de sa commune. Son portrait.

Il n’aura pas beaucoup parlé, lors de sa première conférence de presse de (presque) ministre. Si ce n’est pour affirmer qu’il allait se plonger dans ses dossiers (« ils sont tous prioritaires ») sans attendre. Sans doute le signe de sa « discrétion », qualité – ou défaut, en politique, c’est selon – que lui accordent plusieurs élus MR.

Adrien Dolimont, futur ministre wallon du Budget, des Finances, des Aéroports et des Infrastructures sportives (cela fait quelques dossiers dans lesquels se plonger), n’a donc pas le tempérament d’un Georges-Louis Bouchez, ni même d’un Jean-Luc Crucke, qu’il remplace. Au niveau local, on le décrit comme un gestionnaire, familiarisé avec les matières financières, qui n’aime ni ne recherche les confrontations. Faisant avancer ses dossiers « calmement ».

« C’est quelqu’un de posé, discret, très poli, qui a la tête sur les épaules », décrit Laurence Roulin, sa collègue échevine MR à Ham-sur-Heure-Nalinnes. Un « gars sympa », ajoute un autre élu, qui a su devenir populaire tant auprès des jeunes de son fief que des plus âgés, aidé par le parrainage de son grand-père Marcel Nicaise, éphémère bourgmestre de l’entité hennuyère. Elu échevin à 18 ans, en 2006, lors des dernières élections de 2018 il avait récolté 2.757 voix de préférence, deuxième score derrière le bourgmestre, Yves Binon. Qui lui avait promis de lui céder l’écharpe mayorale en fin de législature, avant de manger sa parole.

Adrien Dolimont hérite finalement d’un portefeuille ministériel à 33 ans, lui qui n’a jamais siégé comme député ; sans doute n’en aurait-il pas autant et si rapidement espéré. Une surprise, médiatiquement parlant, assurément. Mais pas (tellement) au sein du MR. Bien sûr, personne n’avait envisagé ce nom en guise de remplaçant. Mais une fois que Georges-Louis Bouchez l’a annoncé, nul n’a semblé finalement très étonné.

« Un excellent choix pour ce poste », selon Marie-Christine Marghem, ancienne ministre fédérale de l’Energie. « C’est un garçon intelligent, instruit, gentil, bien éduqué. » En l’occurrence à l’université de Mons, où il a obtenu un diplôme d’ingénieur, puis de doctorant, avant de travailler comme assistant (jusqu’en 2019).

« Sa désignation, c’est la surprise du chef, mais une heureuse surprise« , résume un baron du MR. « Une valeur montante » du parti, ou sa variante « une valeur sûre du sérail libéral », selon d’autres.

Un gage d’obéissance envers Bouchez

« Ma première réaction en apprenant sa désignation a été de me dire que c’était un excellent choix, raconte un ‘ancien’. C’est un jeune sur lequel il n’était pas irrationnel d’investir. » Un garçon « sympa, engagé, bosseur, intelligent, hyper investi, pro, pragmatique », renchérit un autre, ajoutant qu’en dépit de son inexpérience parlementaire, il « savait au moins maîtriser les chiffres, c’est déjà ça ». « Il fera un excellent ministre et apportera un vent de fraîcheur. » Le choix de « la jeunesse et de l’expertise », comme l’a affirmé Georges-Louis Bouchez, insistant sur le « besoin de renouvellement » de la classe politique.

Sur un besoin, probablement plus personnel, de nommer des personnalités qui lui sont proches, aussi. Président des libéraux depuis 2019, GlouB (son surnom non-autorisé) avait hérité des retombées de la guerre des clans Reynders-Michel, et n’avait pas lui-même de véritable réseau. Conséquence de sa jeunesse autant que de son côté cavalier seul. En faisant émerger de nouveaux visages, Georges-Louis Bouchez s’assure aussi de soutiens. Quitte à accentuer certaines inimitiés (Denis Ducarme, l’éternel déçu du MR sous son ère, pourra sans doute difficilement pardonner). « L’inexpérience parlementaire d’Adrien Dolimont sera sans doute un gage d’obéissance envers Bouchez, à qui il doit tout », glisse un élu libéral.

Heureusement, Adrien Dolimont n’a pas été nommé ministre de l’Energie, lui qui vient de fonder une société dans le domaine des panneaux photovoltaïques. Président des jeunes libéraux dans le Hainaut, sa prise de fonctions – il prêtera serment jeudi – se produit dans des circonstances familiales pénibles : sa grand-mère, récemment décédés, sera enterrée cette semaine.

Pierre Havaux, avec Mélanie Geelkens

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