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10 choses sur la mentalité belge qui frappent les Français

Wehrlin Aurelie Rédaction du VifWeekend.be

Pour beaucoup de Français, au mieux la Belgique se résume à ses bons acteurs, au surréalisme et à Bruxelles. Aux blagues, aux frites et à la bière « une fois », au pire. Mais pour qui y passe du temps, la mentalité belge recèle de vraies différences, qui sautent aux yeux des Français et auxquels ils ne s’habituent jamais vraiment.  

Immigrée sur le Plat Pays depuis plus de 3 ans, journaliste pour Levifweekend.be, Aurélie Wehrlin vous livre ses impressions et les dix aspects de la vie en Belgique qui en font un pays si exotique.

1. Les poubelles dans la rue à même le sol

Inimaginable en France, les poubelles déposées à même le trottoir, au gré des jours de ramassage. En France, les containers sont la règle. Face à mon étonnement sur cette manière de ramasser les poubelles, qui nuisent pour le moins au pittoresque du paysage, je me suis entendue répondre : « Mais si on les mettait dans des bacs, on pourrait y mettre n’importe quoi dedans« . Pas faux. Car précisons qu’ici, le tri des ordures est drastique.

2. Le yellow power

En Belgique, le jaune est roi. La lumière sur les autoroutes, les frites, les croquettes, les chicons, la bière, les trams et la mayonnaise bien sûr, qui elle-même est partout, à la base de tous les sandwiches et sauces.

La mentalité belge: les frites
La mentalité belge: le jaune est roi. © Getty Images/iStockphoto

3. La patience

La mentalité belge implique d’être patient. Les Belges sont capables d’attendre dans une administration pendant des heures sans moufter. En général, dans une salle d’attente administrative (type DIV) mais aussi dans les files – ou queues – des vestiaires de concert, on reconnait rapidement les Français, car ce sont les seuls à trépigner, à râler, à doubler tout le monde, voire « à demander à voir le supérieur ». Le Belge prend son mal est patience, avec bon esprit. Un des aspects qui le caractérise aussi d’ailleurs.

4. Les cigarettes en vente dans les supermarchés

Chose impensable en France, notamment à cause ou grâce à la loi Evin qui a banni la clope de l’espace public depuis presque 25 ans. Cette intrusion de la cigarette, pestiférée en France, confère aux supermarchés belges et au pays un air de liberté, un goût d’interdit, un exotisme transgressif.

5. Droit contre abus

De mon expérience, faire une demande d’allocation quelconque ou entreprendre d’ouvrir des droits ici (familiale, chômage, santé) génère un retour des services publics belges plutôt positif. Présenté comme un droit, la personne en charge de votre dossier fera tout pour que vous y accédiez. En France, l’image que l’on vous renvoie est plus trouble : une demande tout à fait légitime passe facilement pour un abus. Et votre démarche peut se transformer en parcours du combattant.

6. Les parents qui boivent de la bière aux fêtes d’école

En France, d’aussi loin que je me souvienne, celui qui fait ça est vite taxé d’être alcoolo. Dans la mentalité belge, c’est la norme. À vrai dire, la question de norme ne se pose même pas, vu qu’on boit de la bière partout sans que cela passe pour un désir de se saouler ou pour un geste punk. En même temps, les Belges ont la chance de se voir servir autre chose que de la Kro ou de la 1664 dans les rassemblements, alors ce serait dommage de s’en priver.

mentalité belge: la bière
La mentalité belge: la popularité de la bière © Getty Images

7. Le Belge semble plus raciste

Quand on s’installe ici, on est d’abord frappé par le nombre de femmes voilées, mais très vite ce sont les réflexions racistes qui surprennent. À la boucherie, chez le fleuriste, en demandant son chemin aux policiers, la saillie raciste se porte bien. Et semble parfaitement assumée. Malgré cela , ou peut-être grâce à cela, qui sait – les « allochtones » – terme belge désignant les étrangers – semblent parfaitement intégrés, les femmes voilées sont nombreuses et ne baissent pas les yeux, les générations et les origines se parlent. En France, le racisme est interdit, mais plus insidieux, il se nourrit et croît dans la sphère privée. N’en déplaise aux mouvements extrémistes qui récoltent les fruits de ce tabou.

8. Le « savoir » pour « pouvoir », qui conduit à de beaux quiproquos

Notamment sur les compétences que l’on vous prête. Le « tu ne sais pas faire ça » asséné le premier jour de travail fait mal et peut ébranler. Heureusement, il signifie « tu ne peux pas faire ça », et ne remet donc pas en question vos compétences. L’orgueil de débutant en prend un coup. Heureusement, après quelques jours de familiarisation, ces petits switches langagiers font place à l’amusement. Même longtemps après s’être installés, les Français s’amusent toujours de ce savoir, « tu ne sais pas savoir ! »

9. L’intégration des enfants dans le quotidien

Dans la mentalité belge, les enfants ont leur place. On en voit dans la rue, beaucoup, seul ou en brochette. Les femmes enceintes aussi sont ménagées et félicitées. Les enfants ne sont jamais un problème et rarissimes sont les situations où l’on vous fait sentir que vous n’êtes pas les bienvenus. Contrairement à la France – et à Paris, n’en parlons pas – où l’enfant est souvent perçu comme de trop et n’ayant pas voix au chapitre. Autant dire que si vous recherchez des sourires et des visages extatiques qui se posent sur votre mouflet, mieux vaut passer la frontière. De même si vous voulez vous asseoir dans le tram ou le bus alors que vous êtes enceinte de huit mois et demi !

La mentalité belge: les enfants
La mentalité belge: l’intégration des enfants dans le quotidien © GETTYIMAGES

10. Le « Quoi ça ? », l’interjection qui fait mal

Le « Quoi ça » intervient à la place d’un « pardon ? » ou d’un « plait-il? ». Un Français aurait tendance à croire qu’il est l’apanage des milieux populaires. Que nenni, le « quoi ça » est usité par tous les milieux socioculturels, même si certains Belges ne l’utilisent jamais. Alors, même s’il n’est pas unanime, l’effet produit par le « quoi ça ? » est si fort, qu’il mérite sa place ici.

En 2021, la Belgique comptait plus de 100 000 résidents français. Ce chiffre est en baisse depuis plusieurs années notamment en raison – mais pas que – de la crise sanitaire. Il n’en demeure pas moins que le Plat Pays est le deuxième pays européen où les Français s’installent, après le Royaume-Uni.

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