Tout sur Vlaams Belang

Le résultat d'un gouvernement avec la N-VA se résume principalement à une poussée du Vlaams Belang passé de trois à dix-huit sièges, a affirmé dimanche le président de la Fédération bruxelloise du PS, Ahmed Laaouej, à l'attention du CD&V. Dans les discussions fédérales, le parti démocrate-chrétien flamand est actuellement toujours opposé à la formation d'un gouvernement sans la N-VA.

Il y a quelques mois, Paul Magnette prenait les commandes du PS. Et annonçait la couleur dans Le Soir" - Avec Magnette, les affaires au PS, c'est fini ? C'est toujours facile de dire ça, mais je serai d'une intransigeance robespierriste. On va couper des têtes...Je ne vais pas réhabiliter les guillotines, mais... " Quatre mois plus tard, l'opération têtes coupées est en route.

Le potentiel conjugué de la N-VA et du Vlaams Belang dépasse les 50%. Un sondage post-électoral le démontre. Les deux partis nationalistes sont d'ores-et-déjà crédités de 49,4% d'intention de vote. Une coalition Vivaldi qui écarterait ainsi un Flamand sur deux prend le risque de précipiter la fin du pays. Et des élections anticipées ne résoudraient rien.

"En marche", ou plutôt "Vooruit", femmes et hommes de Flandre ! Un mouvement politique tout neuf est en passe de se lever à l'horizon. Celui qui travaille à son éclosion ne l'imagine pas autrement que "radicalement innovant".

A l'occasion de la réception de Nouvel An du Vlaams Belang, le président de la formation d'extrême-droite, Tom Van Grieken, a donné dimanche, à Genk, le coup d'envoi d'une pétition à grande échelle en faveur de nouvelles élections, face à l'absence persistante de gouvernement fédéral.

N-VA et Vlaams Belang se félicitent du vote contre la candidate Ecolo à la Cour constitutionnelle. La gangrène du blocage fédéral touche le coeur nucléaire de nos institutions.

Pour ceux qui auraient encore des doutes : les gens s'inquiètent de leur pension. Si l'asile et la migration étaient le thème le plus décisif lors des dernières élections, il était immédiatement suivi par la question des pensions : 38% des électeurs ont pris en compte la position des partis politiques sur les pensions lors du choix de leur vote.

La semaine dernière, l'Enquête sociale européenne révélait que les Wallons ne sont pas moins racistes que les Flamands, une réalité qui politiquement ne se traduit pas du tout de la même manière dans le nord et le sud du pays. Explications avec le professeur en sociologie Marco Martiniello (Université de Liège).

Dans quelle mesure la crise de l'asile de 2015 a-t-elle affecté les opinions européennes sur l'asile et la migration ? Les sociologues Bart Meuleman et Arno Van Hootegem ont examiné une masse de données et ont établi que ce n'est pas le grand nombre, mais le framing par les élites politiques, qui détermine nos opinions. "Le framing est plus décisif que les faits."

Le Vlaams Belang a réclamé jeudi que la commission de contrôle des dépenses électorales de la Chambre se penche sur les revenus que le PTB-PVDA tire des cotisations de ses membres qui s'élèvent à plus d'un million et demi d'euros par an, soit presque autant que le PS, le MR, la N-VA et le CD&V réunis.

Si le CD&V a réussi à décrocher le rôle très convoité de "faiseur de rois" dans la formation du gouvernement fédéral, sa position n'est pas confortable pour autant. Et s'il tient tant à ce que la N-VA entre au gouvernement, c'est pour des raisons bien particulières. Explications avec le politologue Nicolas Bouteca (Université de Gand).

Il a fait fort, " sterke Jan " Jambon. Il en avait une bien bonne à raconter : il était une fois une famille de demandeurs d'asile qui pouvait se payer en Flandre une maison grâce aux allocations familiales perçues rétroactivement lorsque leur fut octroyé le statut de réfugiés.

Le CD&V, l'Open VLD et le sp.a ont leur avenir derrière eux : les trois partis traditionnels n'ont presque pas de marge de croissance et de nombreux électeurs s'y opposent de plus en plus. En revanche, les deux plus grands partis, le Vlaams Belang et la N-VA, ont encore une grande marge de croissance.

Bousculés dans les urnes par le Vlaams Belang, les nationalistes flamands aux affaires engagent la Flandre à se prendre un peu plus encore pour une nation.

Il y a un an, le gouvernement fédéral entrait en affaires courantes. Le 21 décembre 2018, le Roi a accepté la démission de l'équipe remaniée du Premier ministre de l'époque, Charles Michel, après le départ de la N-VA et l'a chargée d'expédier les affaires courantes.