Tout sur TTIP

Ce mercredi matin, nous ne nous sommes pas réveillés sur la même planète que la veille. Que ça plaise, que ça déplaise, que ça horrifie, que ça choque, un vieux monde à l'agonie a rendu l'âme. Je ne suis pas tout à fait sûr de le regretter... pas plus que je ne sois convaincu d'aimer le nouveau monde qui s'annonce. Il demeure qu'on ne pourra le bâtir qu'en reconnaissant cette improbable fait : la première puissance mondiale vient de violemment congédier son élite.

"Il y a de bonnes raisons de croire à une pause dans (les négociations du traité de libre-échange avec les Etats-Unis) le TTIP", a indiqué la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström à son arrivée au conseil Affaires étrangères où elle doit faire le point de la situation avec les ministres européens, trois jours après l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Étrange situation que cette Wallonie, s'opposant au CETA (traité de libre-échange avec le Canada), seule envers et contre toute l'Europe...

Pas loin de deux ans après s'être déclarés "hors zone TTIP", les élus liégeois ont voté lundi soir la motion visant à déclarer Liège "hors zone CETA". Cet accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada a été conclu en 2014 mais reste actuellement en négociations.

En s'opposant au TTIP et au Ceta, les deux projets de traités transatlantiques (avec les Etats-Unis et le Canada), la Wallonie joue un peu les David contre Goliath.

Les milliers de manifestants réunis mardi après-midi rue de la Loi à Bruxelles pour protester contre les traités de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA), d'une part, et les Etats-Unis (TTIP), d'autre part, ont pris le départ vers 17H15 sous un tonnerre de slogans, roulements de tambour et coups de sifflet.

"Il y a sept ans, lorsque les négociations sur l'accord commercial Canada-Union européenne (CETA) ont commencé, il n'y avait pas de débat sur la transparence", a déclaré la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström mardi lors d'une rencontre au parlement fédéral. "En regardant en arrière, nous l'aurions peut-être fait différemment."

Le cdH a formalisé son opposition à l'accord commercial avec le Canada (CETA) dans une note du CEPESS, son bureau d'étude. Elle est publiée en septembre dans la foulée de celle qui avait, il y a deux ans, fourni au parti centriste les arguments contre le TTIP, traité actuellement négocié avec les Américains.

Pour ses opposants, la fin annoncée du traité USA - UE est une manoeuvre de diversion pour mieux faire passer le Ceta, l'autre traité transatlantique entre l'Europe et le Canada, dont la signature est imminente.

Ce 13 mai, le Conseil Affaires étrangères fera le point sur l'Accord commercial UE-Canada qui entre dans sa dernière ligne droite. C'est l'occasion idéale de tirer les leçons de la visite du Conseil des Canadiens, une coupole d'organisations non gouvernementales canadiennes, présidé par l'activiste Maude Barlow dans différentes capitales au cours du mois d'avril.

Encore relativement méconnu du grand public, le TiSA est un accord de libre-échange négocié actuellement entre l'Europe et 22 autres pays membres de l'Organisation Mondiale du Commerce. Son but : approfondir la concurrence internationale en matière de services. Même si la Commission Européenne dit vouloir faire preuve de transparence à son sujet, le secret qui règne encore autour des négociations ainsi que leur complexité alimente certaines craintes.

La Flandre assure sa promotion économique en organisant des missions économiques à Cuba et en Inde. Ce n'est pas un hasard. Dans une interview croisée accordée au quotidien De Standaard, le ministre-président Geert Bourgeois (N-VA) et Claire Tillekaerts de Flanders Investment &Trade (FIT) soulignent l'importance de l'exportation pour la Flandre. Et la politique porte ses fruits. Tillekaerts affirme que l'enquête de satisfaction menée parmi les entreprises démontre que 80 des contacts apportés par le FIT sont positifs pour les entreprises. Au sein de l'Europe, c'est un record.

Le TTIP, ou Tafta, verra-t-il le jour? Après les coulisses des négociations dévoilées lundi, la signature rapide d'un accord de libre-échange entre Américains et Européens paraît de plus en plus difficile alors que le scepticisme grandit de part et d'autre de l'Atlantique.