Tout sur Théâtre

Du théâtre à la danse en passant par le cirque, les bouleversements climatiques annoncés et les signaux d'alarme déjà visibles se sont conviés dans un certain pan des arts vivants, en prise sur les urgences de notre temps.

Comment les théâtres fonctionnent-ils au quotidien ? A la veille des élections, Le Vif/L'Express s'est plongé dans les budgets, les difficultés et les espoirs d'un secteur où l'ensemble des subventions vient d'être remis à plat mais où les problèmes ne sont pas résolus pour autant.

Outre de grands noms venus de l'étranger, le Festival de Liège présentera comme à son habitude sa Factory, un programme dédié aux projets de comédiens et de metteurs en scène à peine sortis de l'école. Car pour un jeune artiste, entrer pour de bon dans la lumière s'apparente souvent à un parcours du combattant.

Chaque été, les ruines de l'abbaye de Villers-la-Ville se transforment en théâtre à ciel ouvert. Cette année, c'est l'empereur Caligula qui s'empare de la scène. Un personnage historique qui, de l'Antiquité au xxie siècle, en passant par Camus, interroge les limites du pouvoir.

Metteur en scène turc basé en Belgique depuis 1993, Mesut Arslan, un des visages du KVS, aime bouleverser les codes théâtraux et les habitudes des spectateurs. La preuve à Istanbul et à Bruxelles.

Vingt ans après, une version actualisée de Hasard, Espérance et Bonne Fortune, spectacle sur l'immigration italienne basé sur des témoignages, se lit à la lumière du présent. Interpellant.

Auteur d'essais comme Les Nouveaux Penseurs de l'islam et Le Coran expliqué aux jeunes, Rachid Benzine confirme son inscription dans le théâtre avec Pour en finir avec la question musulmane, créé à Mons avant de s'installer à Liège. Les névroses de nos sociétés condensées dans une cage d'escalier, à voir en famille.

Parallèlement à l'expo que lui consacre en ce moment Bozar, le KVS présente Dernier lit de Hugo Claus, mis en scène par Christophe Sermet, grand admirateur de l'abondante oeuvre théâtrale de l'écrivain flamand.

Les fêtes, ça se passe aussi au théâtre, que ce soit en couple, entre amis ou, particulièrement cette année, en famille. Petite sélection parmi les réjouissances proposées.

C'est une évidence, mais elle est trop ignorée : le théâtre est exceptionnellement florissant en Communauté française. Comparé aux territoires avoisinants, y compris la Flandre, il s'y distingue par son abondance, sa diversité, sa créativité, sa maturité et sa jeunesse.

Joyeux dynamiteur de la règle des trois unités chère au théâtre classique, l'Argentin Rafael Spregelburd est triplement fêté sur nos scènes à travers les tribulations de vrais-faux Philip Seymour Hoffman, un diptyque européen sur huit fins et des mésaventures maltaises produites par des e-mails non désirés. Jubilatoire !

A 31 ans, la Belge Céline Delbecq met en scène son spectacle le plus ambitieux à ce jour, réunissant une vingtaine d'artistes, professionnels et amateurs. Fable trouble de sang et de tempête, Le Vent souffle sur Erzebeth est créé à Mons avant de partir en tournée.

Pour la rentrée, les théâtres Varia et des Martyrs affichent chacun un spectacle qui résonne particulièrement face à la montée des extrêmes en politique. Eloignés dans le temps et par leur ton, Rhinocéros et Retour Reims convergent pourtant sur bien des points.

Omniprésent sur nos scènes depuis plusieurs années, l'auteur français Rémi De Vos scelle sa belle connivence avec la Belgique par la création, chez nous, de sa dernière pièce, Botala Mindele. Un huis clos grinçant qui se déroule peut-être bien à... Kinshasa.

Peu d'auteurs vivants peuvent se targuer d'avoir trois de leurs pièces à l'affiche sur nos scènes la saison prochaine. C'est le cas de Jean-Marie Piemme, dont Jours radieux, farce déjantée sur une famille effrayée que la peur conduit à des choix désastreux, sera bientôt créée au festival de Spa.