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La décision du gouvernement bruxellois de ne pas faire appel de la condamnation de la STIB pour discrimination témongne de l'incompréhensible légèreté avec laquelle le gouvernement bruxellois traite la neutralité de l'autorité publique, a affirmé jeudi la cheffe du groupe N-VA au parlement bruxellois, Cieltje Van Achter.

Les socialistes resteraient divisés, malgré leur accord sur le fond: alors que le président, Paul Magnette, souhaite un appel contre la décision de justice, la fédération bruxelloise s'y opposerait. Les libéraux fustigent.

Le président du PS, Paul Magnette, se dit favorable à titre personnel à un appel de la STIB du jugement du tribunal du travail qui a condamné la société bruxelloise de transport public pour discrimination à l'embauche. Selon lui, la question aurait dû être gérée par la direction de l'entreprise sans être politisée, a-t-on indiqué lundi au siège du parti.

Le principe constitutionnel de neutralité de l'Etat n'impose pas en soi l'interdiction du voile pas plus qu'il ne l'exclut. La conclusion d'un compromis politique nourrira forcément des frustrations et des déceptions, mais est indispensable pour la sauvegarde du principe de neutralité, dont les traductions contradictoires et fluctuantes entachent tant son opérationnalité que sa légitimité démocratique.

La condamnation judiciaire de la politique de neutralité exclusive pratiquée par la STIB continue de faire des remous. La question du port de signes convictionnels dans la fonction publique menace la cohésion sociale, divise la majorité bruxelloise et monopolise beaucoup d'énergie au moment où la gestion de la fin de la pandémie de Covid 19 exige peut-être qu'elle soit employée ailleurs. Quelles pourraient être les pistes pour sortir de cette crise?

Le président du cdH Maxime Prévot a ouvertement apporté son soutien, vendredi matin, au député fédéral Georges Dallemagne dont une prise de position récente dans le dossier du port de signes convictionnels a provoqué des remous en interne, en particulier au sein de la régionale bruxelloise du parti.

Jean-Philippe Schreiber, professeur à l'ULB, insiste sur la nécessité de décisions politiques pour régler cette question polarisante. Et demande de "sortir ce débat de l'unique question du foulard, car ne voir l'impartialité de l'État qu'à travers la loupe du foulard islamique et des discriminations à l'encontre des femmes musulmanes constitue une réduction inacceptable".