Tout sur SGRS

Trois généraux occupant de hautes fonctions au sein de la hiérarchie militaire ont exprimé leur désarroi après le remplacement de l'un de leurs collègues, le général-major Philippe Boucké, à la tête du service de renseignement de l'armée à la suite de l'affaire Jürgen Conings, ce militaire d'extrême droite retrouvé mort après une traque de plus d'un mois.

Un plan d'actions visant à revoir le fonctionnement du Service Général du renseignement et de la Sécurité (SGRS) sera prêt pour la fin de l'année, a annoncé lundi la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder. Il visera dans un premier temps à établir les priorités pour 2022 avant la mise au point d'un plan pluriannuel l'an prochain.

L'affaire Jürgen Conings est un exemple des manquements constatés par le comité R depuis une dizaine d'années au sein des services de renseignement, et du Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS - renseignement militaire) en particulier, selon un rapport qui sera examiné ce lundi à la Chambre.

Le dysfonctionnement du renseignement militaire a perdu son caractère explosif après la découverte du corps sans vie du soldat d'extrême droite. Le rapport du comité R sera examiné à huis clos les 5 et 7 juillet prochains.

Jürgen C, le militaire qui a proféré des menaces à l'encontre du virologue Marc Van Ranst, travaille à la Défense alors qu'il était dans la ligne de mire des services belges de renseignement. "Les quelques extrémistes encore présents dans les rangs des militaires n'ont visiblement pas encore compris qu'ils n'ont pas leur place à la Défense", a réagi la ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS).

Les services de renseignement belges manquent de données quantitatives sur la menace posée par l'extrême droite en Belgique, selon une nouvelle enquête que le magazine Knack et le journal Le Soir ont pu consulter et qui a été discutée lundi après-midi en commission parlementaire de suivi des organes de contrôle des services de police et du renseignement (Comités P et R, ndlr.)

Le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS), après une enquête commune avec la Sûreté de l'Etat, a expulsé un de ses collaborateurs qui entretenait des relations d'affaires avec des figures douteuse de l'ancienne Union soviétique, rapporte Knack sur base de sources au sein des renseignements. L'incident remonte à 2015 mais n'avait encore jamais filtré.

Le 5 mars 2016, un soldat en patrouille à l'aéroport de Bruxelles-National avait reconnu dans la foule Khalid El Bakraoui, futur kamikaze du métro Maelbeek le 22 mars. La police avait été avertie mais n'avait pas pu retrouver l'individu, ressort-il d'une réponse fournie par le ministre de la Défense à une question écrite du sénateur Lionel Bajart (Open Vld).

Les agents et les informateurs des deux services de renseignement belges, la Sûreté de l'Etat civile et le SGRS militaire, seront à l'avenir autorisés à commettre, sous des conditions "strictes", de "petits délits" pour pénétrer des milieux terroristes, ce qui exige une modification de la loi dite "BIM" actuelle, a indiqué jeudi le ministre de la Justice, Koen Geens.