Tout sur Raqqa

L'un des principaux bourreaux de Raqqa, ancien bastion de l'organisation djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, était un ressortissant belge, affirment deux membres du conseil civil de la ville, interrogés sur place par des journalistes de La Libre Belgique et RTL Info. Selon les mêmes sources, deux femmes belges semaient aussi la terreur au sein de la police religieuse de l'EI, la Hisbah.

Hicham Chaib, l'un des adeptes de l'Etat islamique les plus recherchés par les autorités belges, serait décédé. Des membres de sa famille ont posté des messages d'adieu sur le réseau social Facebook, rapporte lundi la Gazet van Antwerpen. "Ce n'est pas la première fois que lui ou d'autres suspects de terrorisme sont déclarés morts à tort", commente toutefois le parquet fédéral.

Sous l'offensive de l'armée de Bachar al-Assad et de ses alliés, Deraa, ville du sud de la Syrie d'où partit la révolution en 2011, est en passe de se vider de ses derniers rebelles.

L'Etat islamique et les Forces démocratiques syriennes (FDS) auraient conclu un accord secret permettant à environ 250 combattants de l'EI et leurs familles de quitter Raqqa par camion le 12 octobre, selon une enquête de la BBC à laquelle les médias français font écho mardi.

Après Mossoul l'Irakienne en juillet dernier, Raqqa la Syrienne en octobre : l'Etat islamique a perdu en quelques mois les deux bastions qui soutenaient son projet de nouveau califat.

Les Forces démocratiques syriennes ont affirmé contrôler 90% de la ville de Raqqa, la capitale militaire et politique du groupe terroriste EI. Un coup dur de plus pour l'organisation. Le territoire détenu par les djihadistes ne cesse de diminuer, mais la fin de l'organisation ne semble pas si proche qu'on pourrait le croire.

Lundi, un rapport relayé par le quotidien Het Laatste Nieuws révélait que certains enfants d'une école maternelle de Renaix présentaient des signes de radicalisation. L'affaire fait grand bruit en Flandre et plusieurs médias se sont demandés si un enfant de maternelle peut vraiment se radicaliser.

"L'intérêt des Occidentaux est d'assurer une stabilité immédiate à Raqqa, une fois reconquise, pour écarter la menace djihadiste sous-jacente", analyse l'ancien ambassadeur français à Damas Michel Duclos.

La progression des Forces démocratiques syriennes sur Raqqa et plus encore celle de l'armée irakienne dans Mossoul autorisent enfin à envisager la reconquête des bastions djihadistes syrien et irakien perdus en 2013 et en 2014 et, donc à terme, la défaite militaire de l'Etat islamique.

Le groupe Etat islamique vit-il ses derniers mois au Moyen-Orient ? En Irak, où se prolonge le siège de Mossoul, comme en Syrie, où se profile une phase décisive pour la prise de Raqqa (capitale revendiquée du groupe Etat islamique), la nécessité de défaire Daech par les armes a atteint un degré d'urgence.

L'organisation djihadiste possède ses propres unités de renseignement. Ce sont elles qui ont planifié les attentats menés en France et Belgique en 2015 et en 2016. Enquête sur un corps d'élite toujours menaçant.