Tout sur Pol Heyse

Pour l'avocat Jean-Pierre Buyle, le rôle des politiques dans l'affaire Nethys doit être interrogé au plus haut niveau. Trop d'éléments troublants figurent au dossier.

Le parquet général a décidé de faire appel de la libération sous conditions de Stéphane Moreau, inculpé dans le cadre du dossier Nethys. Pol Heyse est libéré sous conditions. Diego Aquilina, à son tour inculpé, est également laissé en liberté sous conditions.

Dans un communiqué transmis dimanche à l'agence Belga par son avocat Me Adrien Masset, Stéphane Moreau, placé sous mandat d'arrêt samedi soir, dit ne reconnaître aucun des faits qui lui sont reprochés et nier "avec force toute infraction". Il rappelle en outre qu'il bénéficie de la présomption d'innocence.

"La Région a pris ses responsabilités en cassant les actes qui lui semblaient contraires à l'intérêt général et a transmis ces pièces à la Justice", a réagi Christophe Collignon, le ministre wallon des Pouvoirs locaux qui exerce la tutelle sur Nethys, après l'interpellation vendredi matin de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, les anciens dirigeants de l'intercommunale liégeoise.

En mars 2017, en plein scandale Publifin, un contrat ultraconfidentiel est signé par Stéphane Moreau avec Pol Heyse et Dominique Drion chez Ogeo Fund. Il accorde notamment à Moreau 620.000 euros en cas de licenciement. Peu après, Stéphane Moreau est contraint par la FSMA de démissionner du comité de direction d'Ogeo. Un an plus tard, le trio signe un second contrat qui octroie rétroactivement à Moreau 580.000 euros pour sa démission. L'argent n'a toujours pas été libéré et le nouveau conseil d'administration du fonds de pension remet en question la légalité de ces contrats.

Compte bancaire confidentiel pour le management, emplois fictifs et de complaisance, dépenses privées payées par Nethys, décret gouvernance contourné... Une note de synthèse explosive, avalisée ce mardi par le conseil d'administration de Nethys, décrit les nombreux cadavres retrouvés dans les placards du groupe sous l'ère Moreau. Un système au parfum mafieux qui a prospéré grâce à une culture du secret permanent. Douze dossiers sont à l'instruction.

A la demande de la nouvelle direction de Nethys (Renaud Witmeur et Laurent Levaux), la justice a fait geler un peu plus de 11 millions d'euros sur les comptes de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, tous les trois anciens dirigeants de l'intercommunale, rapporte L'Echo mardi.

Des huissiers de justice ont fait le tour des banques concernées ce jeudi afin de leur ordonner de geler les comptes de Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer, anciens dirigeants du groupe liégeois Nethys, rapporte L'Echo dans son édition de vendredi.

Le gouvernement wallon a décidé de se constituer partie civile dans le dossier Enodia/Nethys et invite le conseil d'administration d'Enodia ainsi que la province de Liège et les communes associées à s'associer à sa démarche, a-t-il annoncé jeudi après-midi.

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux, Pierre-Yves Dermagne (PS), a reçu, mercredi soir, les informations relatives aux indemnités octroyées aux anciens membres du comité de direction de Nethys, Stéphane Moreau, Pol Heyse et Bénédicte Bayer. Elles ont été transmises dans la foulée au juge d'instruction afin d'être versées au dossier de la procédure judiciaire en cours. Quant à l'administration, elle va se pencher sur l'opportunité d'annuler les décisions prises en la matière, indique M. Dermagne.