Tout sur plan b

Le ministre-président Rudy Demotte et le Premier ministre Elio Di Rupo se sont entretenus lundi de la dynamique Horizon 2022 censée accélérer le redressement économique wallon.Cette rencontre à l'Elysette à Jambes a eu lieu sur fond de déclarations relançant ces dernières heures l'hypothèse d'un "plan B" annonçant la fin de la Belgique fédérale.

Les Wallons et les Bruxellois doivent travailler sans attendre à un projet francophone, a affirmé lundi le président du cdH Benoît Lutgen dans Le Soir, après l'appel de son homologue de la N-VA Bart De Wever à discuter du confédéralisme après les élections communales.

Et si la solution au blocage politique actuel passait par l'organisation de nouvelles élections ? Ce scénario ne doit plus être exclu. Mais il n'est pas dit que rebattre les cartes permettra d'y voir plus clair.

Le conciliateur Johan Vande Lanotte ne perd pas le nord et continue sa mission envers et contre tout. Il devrait transmettre mardi soir une proposition de compromis sur la révision de la loi de financement. Reste à savoir ce que les sept partis en feront.

Le recours aux urnes est le seul plan B qu'envisage la N-VA en cas d'échec des discussions institutionnelles en cours, a laissé entendre lundi sur les ondes de Radio 1 (VRT) le président des nationalistes flamands Bart De Wever. Tout le reste relève de l'espace philosophique ou ressortit à la discussion académique, a-t-il souligné.

La VRT s'est penchée sur la scission de la Belgique, trois ans après le célèbre "Bye bye Belgium" de la RTBF. Plutôt qu'un docu-fiction, la chaîne publique flamande a donné la parole à onze experts avant de recueillir la réaction des partis flamands et francophones.

En cas de volonté d'indépendance de la population flamande démontrée à travers une consultation, la Belgique qui resterait serait composée de la Wallonie et de Bruxelles, et les habitants des six communes à facilités seraient interrogés sur leur choix, a indiqué dimanche le président du PS Elio Di Rupo sur les plateaux de la RTBF et de RTL-TVi, répétant qu'il ne souhaitait pas ce scénario.

A contre-courant, le bourgmestre de Verviers, Claude Desama (PS), estime que réfléchir à l'après-Belgique, c'est perdre son temps.

Le Parti populaire emmené par Mischaël Modrikamen a durci mardi son profil francophone en prônant, au lendemain de l'éviction de son co-président néerlandophone Rudy Aernoudt, un plan B pour la Belgique passant notamment par une Constitution pour la Wallonie et Bruxelles et la mise en place d'un gouvernement provisoire.