Tout sur Ogeo Fund

Une instruction judiciaire pour corruption cible l'intercommunale Resa, sortie du giron de Nethys mi-2018. Des marchés publics pour le recouvrement de factures impayées sont dans le viseur de la justice. Des appels d'offres similaires chez Voo, également.

Le Vif révèle une nouvelle transaction pénale pour Stéphane Moreau: une transaction simple pour un prêt d'Ogeo Fund à un ami. Le point sur tout ce que l'on sait des transactions pénales de l'ex-homme fort de Nethys.

Quand Stéphane Moreau a sauvé financièrement Mithra avec l'argent des pensionnés liégeois d'Ogeo Fund, en 2014, juste avant les élections, François Fornieri et Jean-Claude Marcourt l'ont vénéré. Donner pour recevoir, telle était la devise de l'ex-patron de Nethys. Qui précipitera sa chute.

Bas de laine de six millions pour de futurs bonus, conventions ultraconfidentielles signées sur le tard, doubles rémunérations, cartes de crédit utilisées à des fins personnelles, frais d'avocats considérables et suspects: après les investissements très risqués d'Ogeo Fund, voici les surprenantes relations à l'argent des directeurs du fonds de pension, mises au jour par la FSMA.

En mars 2017, en plein scandale Publifin, un contrat ultraconfidentiel est signé par Stéphane Moreau avec Pol Heyse et Dominique Drion chez Ogeo Fund. Il accorde notamment à Moreau 620.000 euros en cas de licenciement. Peu après, Stéphane Moreau est contraint par la FSMA de démissionner du comité de direction d'Ogeo. Un an plus tard, le trio signe un second contrat qui octroie rétroactivement à Moreau 580.000 euros pour sa démission. L'argent n'a toujours pas été libéré et le nouveau conseil d'administration du fonds de pension remet en question la légalité de ces contrats.

Ogeo Fund, le fonds de pension d'Enodia (ex-Publifin), fait l'objet d'un rapport d'inspection très sévère de la FSMA, le gendarme financier. Prêt illégal, investissements trop risqués, contrôle défaillant des sous-traitants, conflits d'intérêts: les cadavres se bousculent dans les placards d'Ogeo. Et des dizaines de millions sont partis en fumée.

Ogeo Fund, fonds de pension d'Enodia (ex-Publifin), est en pleine tourmente: il fait l'objet d'une inspection du gendarme financier (FSMA) et d'une analyse forensique d'un consultant (Deloitte). La dernière fois qu'Ogeo a été sondé, ses placards avaient notamment révélé un surprenant hedge fund aux îles Caïmans.

Land Invest, une ex-filiale immobilière du fonds de pension liégeois Ogeo Fund, a dépensé 60.000 euros pour faire suivre les journalistes d'Apache par des détectives privés. Ces filatures ont eu lieu en 2016 après des révélations du média d'investigation flamand en ligne sur des projets immobiliers controversés et des liens douteux entre le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever (N-VA) et le lobbyiste Erik Van der Paal, homme fort de Land Invest à l'époque.

En 2016, par le biais de prêts en cascade suivant l'axe Liège-Anvers-Seraing, 200 000 euros issus du fonds de pension Ogeo Fund se sont retrouvés sur un compte bancaire contrôlé par Alain Mathot, député fédéral PS et ex-bourgmestre sérésien. Pourquoi le risque ultime lié à ce prêt privé - qui vient juste d'être remboursé - incombait-il aux pensionnés liégeois dépendant d'Ogeo Fund?

Manque d'éthique, absence de transparence: la délégation syndicale CGSP de Publifin/Enodia fustige la gestion de son fonds de pension Ogeo Fund. Dans un courrier musclé, la présidente exhorte les dirigeants de Resa à changer de fonds de pension à l'occasion de la sortie du GRD de Publifin/Enodia prévue le 29 mai. Jean-Claude Marcourt, lui, souhaite que Resa prenne le contrôle d'Ogeo Fund.

La première audience du dossier Ogeo Fund-Le Vif/L'Express, destinée à fixer le calendrier, n'a pas eu lieu. Ogeo a décidé de porter l'affaire non plus devant la justice liégeoise mais à Bruxelles. Pourquoi un tel revirement ? Mystère.

Un demi-million d'euros. C'est ce qu'Ogeo Fund, le fonds de pension de Publifin et quelques autres intercommunales liégeoises, réclame au Vif/L'Express. Plus précisément à ses journalistes David Leloup, Tom Cochez, à son rédacteur-en-chef Thierry Fiorilli, ainsi qu'à son éditeur, le groupe Roularta. Ils sont tous les quatre cités au civil le 10 avril prochain à 9h00 devant le tribunal de première instance de Liège.

Le parquet d'Anvers a ouvert une enquête sur Land Invest Group (LIG), l'ex-filiale immobilière du fonds de pension liégeois Ogeo Fund, pour la... refermer le jour où l'existence de cette enquête a été rendue publique. En décembre dernier, peu après que Le Vif/L'Express et Apache ont publié de nouvelles révélations dans le dossier Land Invest Gate, la justice avait réclamé le dossier administratif octroyant un permis de bâtir à un projet immobilier controversé de LIG à Anvers.

Liaisons dangereuses, permis de bâtir douteux, terrain vendu deux fois le même jour: le promoteur immobilier Land Invest Group est sous le coup d'une enquête judiciaire à Anvers. Le parquet soupçonnerait des irrégularités dans la façon dont un permis a été accordé en 2014 à l'ex-filiale d'Ogeo Fund pour construire un building particulièrement haut, et donc très lucratif. En décembre dernier, le ministère public a réclamé le dossier administratif de ce projet immobilier au département de l'Urbanisme de la Ville d'Anvers.

Le promoteur immobilier Land Invest Group a indirectement versé au moins 18.000 euros à l'ancien chef de cabinet de Bart De Wever afin qu'il dépose plainte, en 2016, contre Apache. Le site d'investigation flamand avait enquêté sur des décisions politiques controversées dans des dossiers immobiliers anversois liés à Land Invest, alors filiale à 50% du fonds de pension liégeois Ogeo Fund.

Trois tirs. Le premier, le jeudi 7 février après-midi. Le deuxième, le vendredi 8 au matin. Le dernier, le même jour un peu avant 15 heures. Deux textes, une vidéo. Allez donc arpenter notre site Internet. Parce que levif.be, c'est Le Vif/L'Express tous les jours. Entretiens, investigations, débats, opinions, reportages, solutions et analyses. Et pas uniquement des sujets publiés dans le magazine. Preuve parmi d'autres : c'est sur ce terrain-là que, les 7 et 8 février dernier, ont retenti les détonations évoquées plus haut.

Un document interne de Land Invest Group montre à quel point la filiale anversoise d'Ogeo Fund ne remboursait pas ses dettes et était le théâtre d'abus divers. Il confirme la dilapidation de l'argent des pensionnés liégeois révélée par Le Vif et Apache. Et montre que les dirigeants d'Ogeo Fund se sont "réveillés" vraiment très tard...