Tout sur note

Les deux co-formateurs chargés de mettre sur pied le prochain gouvernement fédéral, Charles Michel (MR) et Kris Peeters (CD&V), ont entamé cette semaine la rédaction de notes communes destinées à former l'ossature du futur accord de la coalition suédoise qui devrait rassembler également la N-VA et l'Open Vld, a-t-on appris vendredi de bonnes sources.

Le ministre Paul Magnette (PS) ne se montre pas tendre jeudi dans la presse pour la note d'Herman Van Rompuy sur l'avenir de l'union économique et monétaire. Il estime cette note "déséquilibrée" et "aux trois quarts de droite", peut-on lire dans De Standaard et Le Soir.

La réunion entre le formateur Elio Di Rupo, les sept présidents de partis qui ont accepté de négocier et le président du CD&V Wouter Beke n'a duré que deux heures.

Alors qu'on s'attendait hier à ce qu'Elio Di Rupo se rende chez le roi pour être autorisé à démissionner, c'est un peu la surprise ce matin : le formateur réunira les sept partis ayant dit un "oui mais" à sa note pour "évaluer la situation", a dit Elio Di Rupo. C'est la première réunion à sept depuis le mois de septembre. La rencontre aura lieu à la Chambre.

L'Open Vld est disposé à entrer en négociation pour former un gouvernement sur base de la note du formateur Elio Di Rupo, l'objectif des libéraux flamands étant de peser sur le volet budgétaire, à propos duquel ils se disent "préoccupés par l'orientation" prise par certaines mesures.

Les trois syndicats du pays ont annoncé mardi qu'ils ne soutenaient pas la note du formateur Elio Di Rupo. Ils la jugent déséquilibrée et, selon eux, elle ne constitue pas une base acceptable de programme gouvernemental. Ils se disent prêts à rompre la paix sociale si les droits des travailleurs sont bafoués.

Chaque parti va devoir mettre de côté ses tabous à l'instar de ce qu'a entrepris le PS, a réagi lundi sur la VRT-Radio Johan Vande Lanotte (sp.a) qui avait été chargé d'une mission de conciliation pendant la crise. Le sénateur est d'avis que le formateur Elio Di Rupo a "clairement fait un pas en avant". Pour autant, juge-t-il, cela ne veut pas encore dire que la formation du gouvernement est imminente.

Appelant à donner de l'ambition au pays et aux Régions et Communautés qui en font partie, Elio Di Rupo, invite à travers sa note à mettre sur pied un gouvernement de réformes capable de redessiner les institutions et la politique socio-économique de la Belgique du 21e siècle.

La note du formateur Elio Di Rupo contient deux parties, l'une institutionnelle et l'autre socio-économique et budgétaire même si cette dernière inclut également des éléments en vue de la réforme de l'Etat. Les neuf présidents de parti pourront donc lui faire savoir s'ils adhèrent ou non à la totalité de la note, ou s'ils se disent prêts à participer aux seules négociations institutionnelles.

Si la note du conciliateur royal Johan Vande Lanotte avait été mise sur la table des négociateurs de l'orange bleue en 2007, la N-VA l'aurait immédiatement acceptée, affirme le député Siegfried Bracke (N-VA) dans un entretien à paraître mercredi dans l'hebdomadaire flamand Knack.

Le chef de groupe N-VA à la Chambre Jan Jambon a reconnu vendredi sur les ondes de Radio 1 (VRT) que la formule à sept "pouvait changer" mais a réclamé de repartir de la note de son président de parti Bart De Wever.