Tout sur Nicolas Martin

Di Rupo ne sera plus bourgmestre de la cité du Doudou. Il l'a annoncé lui-même depuis le siège du PS. Nicolas Martin lui succédera, comme prévu, avec un score personnel plus inattendu puisqu'il bat largement le "père" en voix de préférence.

Elio Di Rupo sera bourgmestre de Mons si les socialistes s'imposent et s'il totalise plus de voix que la tête de la liste PS, Nicolas Martin, a-t-il expliqué vendredi sur les ondes de la radio hennuyère Sud Radio, précisant qu'il se conformait de la sorte au code wallon de la démocratie locale.

Mons, un 14 octobre. Elio Di Rupo, bourgmestre depuis l'an 2000, y livre-t-il sa dernière bataille communale ? Nicolas Martin tire la liste socialiste, Elio Di Rupo la pousse. Le premier veut en finir avec le second mais ne peut pas le dire, le second sait que le premier veut en finir avec lui, mais ne peut rien y faire, et le PS craint de perdre sa majorité absolue, élargie à un CDH sur la défensive. Dans l'opposition, le libéral Georges-Louis Bouchez mène une campagne offensive, à la tête de sa liste Mons en mieux. A ce jeu tendu, Ecolo pourrait s'ériger en arbitre. Et le PTB en trouble-fête... s'il le voulait.

Le dernier combat local d'Elio Di Rupo ? Le sacre de Nicolas Martin ? La perte de la majorité absolue du PS ? Le poids réel de Georges-Louis Bouchez et de son Mons en mieux ? Le rôle d'Ecolo ? Et celui du PTB ? Et, en périphérie, de toutes ces listes d'initiative citoyenne, plus ou moins authentiques ? A quelques heures du scrutin du 14 octobre, les enjeux des élections communales à Mons et dans les entités de son arrondissement. Les enjeux, les défis et les paris. Avec, pour mieux les cerner, les bilans de la législature qui touche à sa fin.

Elio Di Rupo a dû renoncer au mayorat de Mons, pour s'assurer de garder la main sur sa succession au Boulevard de l'Empereur, en 2019. Il espère d'ici là s'emparer de la présidence du Parti des socialistes européens. Plongée dans les coulisses d'une sortie de scène.

Elio Di Rupo annonce lundi dans Le Soir et les titres Sudpresse qu'il fera campagne à Mons lors des élections communales de 2018 mais pas comme tête de liste. Il ne revendiquera plus l'écharpe de bourgmestre pour un quatrième mandat dans sa ville.

Depuis le printemps 2015, la ligne à grande vitesse reliant Liège à Paris, via Namur, Charleroi et Mons, est "suspendue", en raison d'arguments techniques - l'incompatibilité de systèmes de sécurité - qui n'ont pourtant pas privé Anvers, dont la situation est similaire, de ses TGV.

En matière de développement économique et commercial, les acteurs publics, les universités, les centres de recherche... tous se mobilisent pour rendre Mons et sa région attractive aux yeux des investisseurs privés.

Mons a tourné la page 2015 mais n'a pas renoncé à son ambition de ville "créative, culturelle et intelligente". Elle mise aussi sur la relance du commerce dans le centre-ville, sur d'importants programmes de logements, des projets de rénovation urbaine et sur la gare-passerelle entre vieille ville et ville nouvelle.

La fédération du PS de Mons-Borinage a appelé samedi soir au décumul des mandats dans les villes et communes de plus de 25.000 habitants, au lendemain d'une réunion de militants de la fédération de Charleroi qui a invité au décumul intégral.

A Bruxelles, l'ouverture de Docks vient de déclencher la guerre des grands centres commerciaux. En Wallonie, cette bataille-là est terminée. Les très nombreux shopping centers ont entrepris un autre combat : s'agrandir, coûte que coûte. Question de survie. Et de rentabilité... sauf pour l'emploi.

La Cité du Doudou compte deux bourgmestres. L'un en titre mais empêché, élu avec plus de 14 000 voix. L'autre faisant fonction, qui en a récolté 6 000. Bien que très occupé par le 16, rue de la Loi, Elio Di Rupo reste proche de sa ville. Omniprésent ? Omnipotent ? Les avis sont partagés.