Tout sur Nicolas De Decker

Un spectre hante la Belgique. Le spectre du magnetisme. Toutes les puissances de la nouvelle Belgique se sont unies pour traquer ce spectre : l'Eglise et le Palais, De Wever et Bouchez, les confédéraux de Flandre et les libéraux de Wallonie, Sophie Wilmès, Première ministre, qui dit le lundi 9 décembre que les textes de l'informateur carolorégien sont " encore trop à gauche ", et Hans Maertens, administrateur général du Voka, qui dit ce jour-là aussi qu'ils sont " pas suffisants, pas acceptables, imbuvables".

Il y a beaucoup plus typiquement belge que la bière, que le blocage politique ou que le surréalisme. Il y a le journaliste belge qui se fait mousser et taxe la situation politique belge de surréalisme à la belge

On dit que Paul Magnette est un génie, qu'il regarde ce que les autres ne voient pas, qu'il comprend ce que personne n'avise, que les lumières de son intuition foudroient les faits, et puis que sa pensée terrasse les plus puissants contradicteurs.

L'establishment est une chose sérieuse, sa critique encore plus. Et l'establishment cache beaucoup de choses sérieuses, et sa critique encore plus. Car l'establishment dirige le monde et, de nos jours, on reconnaît ceux qui s'y opposent à ceci de bien précis : ils osent tout, et surtout s'inventer un ennemi aussi commode qu'anonyme, aussi indéfini qu'effrayant, aussi fort qu'inexistant, surtout parce que ça rapporte et parce qu'ils ont peur de perdre.

Al'échelle de l'histoire, le suffrage universel aura été la réponse victorieuse des démocrates à toutes les dictatures, et en particulier à celle du prolétariat. A ceux qui proclamaient que le gouvernement moderne n'était qu'un comité chargé d'administrer les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière, le suffrage universel démontra implacablement que le gouvernement moderne s'intéressait d'autant plus aux classes populaires qu'il dépendait de leur consentement.

Le 13 juin dernier, sur le site du Vif paraissait un article du journaliste Nicolas De Decker dans lequel il faisait l'hypothèse d'un rapprochement très intime du cdH et du MR puisque le titre du texte était " En route vers un grand parti de centre droit MR-CDH ? ". On sait que le parti réformateur, dans une pratique proche de celle des milieux d'affaires qu'il défend, n'est pas avare des offres publiques d'achat plutôt hostiles à l'égard des entreprises politiques en difficulté. On peut s'interroger sur le sens d'une telle manoeuvre qui n'a rien d'une logique ayant un sens politique mais tout du machiavélisme de court terme.

Le MR est mal à l'aise sur certains sujets sur lesquels il évite de faire campagne. Raison de plus pour en parler.

La Belgique a de ces mots, parfois. De ces mots qu'on dit tellement qu'ils ne veulent plus rien dire, mais que même si on ne les disait pas si souvent ils ne voudraient pas dire grand-chose, comme le mot confédéralisme.