Tout sur Musée Juif

"Aujourd'hui, justice a été rendue. Il s'agit d'une victoire pour l'Etat de droit face à l'immonde", réagit mardi matin par voie de communiqué le Musée juif de Belgique. Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer ont respectivement été condamnés la nuit dernière par la cour d'assises de Bruxelles à la réclusion à perpétuité et 15 ans de prison pour l'attentat qui y a été commis le 24 mai 2014. "C'est également une victoire face aux théories du complot et à la haine."

La réclusion à perpétuité prononcée par la cour d'assises de Bruxelles à l'encontre de Mehdi Nemmouche, auteur de l'attentat au Musée juif de Belgique en mai 2014, constitue un verdict "juste et proportionnel", a réagi l'avocat de la famille Riva à la fin du procès dans la nuit de lundi à mardi. Selon l'avocat, le jury n'a pas fait preuve de vengeance mais "a eu l'impression qu'on avait joué avec lui".

Le procureur Yves Moreau a débuté son réquisitoire lundi matin devant la cour d'assises en présentant les "règles du jeu" du procès pénal. Au travers de cette première partie, très théorique, de son réquisitoire, le magistrat a déjà toutefois fait une parenthèse pour dénoncer certaines allégations de la défense de Mehdi Nemmouche, le principal accusé, les qualifiant à la fois de "stupides", "choquantes" et "scandaleuses".

La cour d'assises de Bruxelles, qui juge actuellement Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer pour l'attentat commis au Musée juif de Belgique le 24 mai 2014, a entendu lundi la plupart des témoins directs des faits. L'un d'eux, une femme qui a croisé le regard du tueur, a indiqué que Mehdi Nemmouche correspondait à l'homme qu'elle a vu accroupi avec une arme en main, dans le couloir du Musée juif.

Les enquêteurs et juges d'instruction ont entamé, mardi après-midi devant la cour d'assises de Bruxelles, le volet français de l'enquête de la tuerie du Musée juif de Belgique. Il ressort de leur exposé que Mehdi Nemmouche était muni, lors de son arrestation à Marseille, d'un revolver chargé mais pas armé et d'une kalachnikov avec une balle chambrée, prête à tirer. Il s'agissait des armes qui ont servi au Musée juif.

Il aurait été "techniquement impossible" pour les enquêteurs d'ajouter un visage sur l'image du tueur issue de la vidéo-surveillance du Musée juif en raison de la trop faible résolution de celle-ci, a témoigné mardi devant la cour le spécialiste de la police fédérale qui a travaillé sur le cliché. Les avocats de Mehdi Nemmouche avançaient, dans leur acte de défense, que des lunettes portées par l'auteur avaient été effacées et qu'un visage avait été reconstitué.

Les théories du complot laissent à présent place à la réalité avec l'audition des enquêteurs et des deux juges d'instruction, a estimé Me Vincent Lurquin lundi après-midi devant les portes de la cour d'assises de Bruxelles, où se déroule le procès de l'attentat au Musée juif de Belgique. Le couple de touristes israélien ne connaissait pas la disposition des lieux, selon la juge d'instruction Claire Bruyneel.