Tout sur Monsanto

Le ministre wallon de l'Environnement Carlo Di Antonio (cdH) souhaite rouvrir le débat sur le glyphosate à l'échelon européen et compte inscrire ce point à l'ordre du jour du gouvernement wallon de rentrée, affirme-t-il dans la Libre, samedi. Il réagit ainsi à la condamnation de Monsanto, qui commercialise l'herbicide Roundup, à 289 millions de dollars de dommages à un jardinier américain.

Le groupe pharmaceutique Bayer, nouveau propriétaire de Monsanto, a défendu samedi l'innocuité du glyphosate au lendemain d'une condamnation inédite du géant de l'agrochimie américain pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup.

Le premier procès autour de possibles effets cancérigènes du RoundUp, l'herbicide controversé de Monsanto contenant du glyphosate, qui s'est ouvert cette semaine aux Etats-Unis, pourrait avoir des conséquences sur des centaines, voire des milliers, de procédures judiciaires en cours.

L'entreprise américaine a été contrainte de publier des centaines de milliers de documents lors de procès menés aux Etats-Unis. Y revient régulièrement le nom du Belge Mark Martens. Qui a bataillé sur tous les fronts pour tenter de convaincre de l'innocuité du Roundup, le désherbant très controversé produit par Monsanto.

Monsanto a gagné mardi une bataille autour d'un herbicide controversé sur lequel le géant de l'agrochimie a beaucoup misé, des législateurs de l'Arkansas décidant d'aller à l'encontre de recommandations de leur propre administration en ne limitant pas l'utilisation du produit chimique.

Le désherbant dicamba? "Les agriculteurs en ont désespérément besoin", affirme Perry Galloway. "Si j'en ai sur mes produits, je ne peux plus rien vendre", rétorque Shawn Peebles. Au moment où la controverse sur le glyphosate bat son plein en Europe, ce désherbant est devenu cet été source de polémique et de discorde entre agriculteurs aux Etats-Unis, avec au centre des débats le géant de l'agrochimie Monsanto.

Face à des Etats membres toujours divisés sur le glyphosate, la Commission européenne va soumettre une nouvelle proposition jeudi, visant à renouveler pour cinq ans et non plus dix ans la licence de cet herbicide controversé.

Avec son slogan "40 ans d'utilisation sans danger", Monsanto vante les mérites du Roundup, un pesticide populaire. Mais dans des documents internes, que Knack a pu se procurer, le pétrochimiste américain établit un lien entre son propre bestseller et le cancer.

Le géant agrochimique Monsanto a eu, à de nombreuses reprises, recours à ce qui est considéré comme une grave faute scientifique: le ghostwriting. C'est en tout cas ce qu'il ressort d'une nouvelle fournée des "Monsanto Papers" analysée par le journal Le Monde, qui en livre jeudi les dernières révélations.

"Nous devons renouveler le glyphosate puisqu'il n'y a aucune raison de remettre en question les évaluations basées sur des faits scientifiques", a indiqué mardi après-midi le commissaire européen à la Santé et à la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis devant les députés européens réunis à Strasbourg.