Tout sur Mawda

Ce vendredi 12 février 2021, le jugement qui devrait établir les différentes responsabilités dans l'assassinat de la petite Mawda sera rendu, près de trois ans après les faits Mais ce jugement ne rendra pas intégralement justice à Mawda et à ses proches. Et ce parce que les principaux responsables de sa mort n'ont tout simplement pas été poursuivis.

La police française savait que la camionnette à bord de laquelle la jeune Mawda a perdu la vie était impliquée dans un trafic d'êtres humains, et avait placé un traceur GPS sur le véhicule, écrivent mardi Het Nieuwsblad et Sudpresse. La patrouille belge qui a coursé la fourgonnette remplie de migrants, sur la E42 près de Mons, n'était pas au courant.

Le conducteur et le passager avant de la camionnette dans laquelle se trouvait la jeune Kurde Mawda ont été identifiés grâce aux analyses ADN, écrivent vendredi la Meuse (Sudpresse), Het Nieuwsblad et le Gazet van Antwerpen. Aucune des 28 personnes interrogées à l'issue de la course-poursuite qui a coûté la vie à la fillette n'avait voulu identifier les deux convoyeurs qui devaient les emmener en Angleterre.

Le président de la N-VA Bart De Wever a peu goûté la sortie médiatique de son homologue socialiste Elio Di Rupo dans Le Soir de mardi dénonçant dans son chef "des propos d'une terrible inhumanité" lorsqu'il suggéra la responsabilité des parents de la petite Mawda dans son décès il y a deux semaines à la suite d'une balle dans la tête tirée par un policier.

Le policier auteur du coup de feu qui a mortellement atteint la petite Mawda, le 17 mai dernier sur l'E42, a tenté d'arrêter la camionnette poursuivie en tirant dans son pneu avant gauche, affirme jeudi son avocat dans un communiqué. L'agent, V., a cependant été déstabilisé par un coup de volant donné par son collègue alors que le conducteur du véhicule à bord duquel se trouvaient les migrants tentait de les sortir de la route, selon sa version transmise à l'agence Belga par Me Laurent Kennes.

Une enfant est morte. Elle est morte d'une balle dans la tête tirée par un policier belge. Elle est morte sans ses parents, mis au cachot pendant qu'elle agonisait dans une ambulance. L'enquête sur ces faits inimaginables suit son cours.

Au gouvernement fédéral, "on peut objectivement lui reprocher de danser sur la frontière du respect" des droits fondamentaux, "or danser sur cette frontière comporte le risque que l'irréparable se produise", écrit jeudi le philosophe libéral François De Smet, directeur du centre fédéral Migration Myria, dans un nouveau plaidoyer pour l'ouverture de davantage de canaux migratoires légaux.

Environ 600 personnes, selon l'estimation finale de la police de Bruxelles-Ixelles sur place, se sont rassemblées mercredi en fin d'après-midi devant le Palais de justice de Bruxelles pour dénoncer la politique migratoire du gouvernement fédéral, au nom de Mawda, l'enfant de 2 ans tuée par balle dans une camionnette transportant des migrants kurdes prise en chasse par la police.