Tout sur Mai 68

La complaisance à l'égard de la pédophilie que met en lumière le livre Le Consentement de Vanessa Springora est-elle une conséquence de l'idéologie de Mai 68 ? Non, " une élite intellectuelle qui se croyait tout permis était en profonde distorsion avec la société ", répond l'écrivaine et géographe Sylvie Brunel. Comme un prélude à l'explosion des gilets jaunes.

En ce mois de mai où les événements de 68 ont tout juste 50 ans, à Bruxelles, les hommages artistiques se multiplient. Aperçu en cinq temps.

Bart De Wever, patron de la N-VA, dénonce l'héritage de Mai 68 qui a "nié l'autorité et vénéré l'individu". Comme Nicolas Sarkozy avant lui, en France, il veut définitivement tourner la page. Tout en entretenant la mémoire de ce repoussoir qui sert son parti.

A l'ère numérique, le monde est plus ouvert que jamais. Mais il semble s'être refermé sur lui-même. Au point de nous entraver plus encore que nous l'étions il y a cinquante ans ? Pour répondre à la question et nourrir notre réflexion, un livre rassemble cinquante contributions de Belges de différents horizons et générations.

Révolution ? Révolte ? Les événements ont en tout cas provoqué des séismes dans la société : sécularisation, liberté d'expression, mutations éthiques, individualisation et libre disposition de soi, consumérisme à tout crin... Au point que, cinquante ans après, le mouvement est toujours source de tensions et de clivages.

De révolutionnaire trotskiste à soutien libéral d'Emmanuel Macron, le parcours du cinéaste militant français a de quoi étonner. Retour sur la trajectoire marquante et mouvementée d'un sexagénaire sans nostalgie, pour qui les idéaux de Mai 68 ont en fait triomphé.

Il est toujours difficile, et hasardeux, d'écrire l'histoire au moment où elle se fait. Début juin 1968, dans Le Monde diplomatique, Guy Michaud s'interrogeait ainsi, déjà, sur la nature profonde des événements alors en cours, en Occident, et qui allaient entrer dans l'histoire sous l'appellation "Mai 68". Révolte ou révolution ?

Les commémorations ont ceci d'intéressant qu'elles aboutissent toujours à la mise en ordre de ce qui, un jour, avait pu se présenter comme transgression. Les cérémonies qui se multiplient ces jours-ci pour souligner l'importance des événements de Mai 68 en fournissent un parfait exemple : derrière les trémolos officiels, c'est en fait une fanfare de police qu'il faut entendre.

Quelque part entre amour et rage. Quelque chose entre dévotion et sacrilège. Les rapports entretenus avec notre passé sont toujours plus passionnels. On n'a sans doute jamais autant célébré les anniversaires d'événements marquants tout en convoquant la plupart devant des tribunaux, plus ou moins neufs, plus ou moins improvisés, plus ou moins indépendants. Avant de souvent prononcer la peine capitale, au terme de procès ressemblant plus ou moins à des simulacres.

Même s'il ne déchaîne plus les passions, Mai 68, cinquante ans après, fait toujours débat, entre monstre et mythe. Un hors-série du Vif/L'Express en vente dès le 20 avril

Remises en cause, revendications, esprit collectif, libération des corps et des esprits : Mai 68 a eu des conséquences durables sur les arts de la scène. Avec des enjeux différents pour le théâtre et pour la danse. Rétrospective et témoignages.

Que faisaient les écrivains en Mai 68 ? Sélection de romans et récits qui racontent l'histoire de la contestation.

L'année 1968 et son joli mois de mai ont aussi bouleversé la bande dessinée : le changement a soufflé de Pilote à Spirou, transformant à jamais cette " sous-culture du divertissement " qui ne voulait pas le rester.

Le terrain médiatique était mûr pour accueillir la déflagration de Mai 68. Entre une télé nécrosée, aux ordres, et les bouleversements socio-culturels des années 1960, s'ouvrent deux décennies d'expérimentations, de polémiques mais aussi de rare fécondité.

Qui était numéro un dans les hit-parades en mai 1968 ? Où étaient les hippies ? Qu'entendait-on dans les auditoires ? Retour sur quelques titres qui ont parsemé les mois de contestation. A défaut de l'enflammer.

Alors que le rock infuse la rébellion jeune outre-Atlantique, en France, la révolte de Mai 68 ravive surtout la tradition Rive gauche contestataire. De Dutronc à Ferré, des yéyés à Colette Magny, Nanterre ne fait pas (toujours) la chanson...

Depuis toujours miroir des mutations sociologiques, la mode descend, elle aussi, dans la rue. La jeunesse impose de nouveaux codes, en rupture avec ceux des générations précédentes. Un esprit frondeur qui libère le vêtement... et pose les jalons des décennies suivantes. Décryptage en 9 temps forts.

Jadis produites pour les masses, désormais objets rares et souvent hypercotés, ces icônes de plastique ont traversé les tendances et les décennies. Visibles au Plasticarium, à Bruxelles, elles incarnent encore aujourd'hui le souvenir d'une période d'effervescence, qui bouleversa les intérieurs et les modes de vie.

En matière de design, Mai 68 est plus une charnière qu'une révolution. Entre aboutissement de processus enclenchés depuis près d'une décennie et prémices d'un avenir où créateurs et acheteurs vont voir évoluer leur rôle au sein de la société.