Tout sur Léopoldville

L'ex-Congo belge, longtemps considéré comme une "colonie modèle", apparaît aujourd'hui, avec le recul, au moment de dresser un bilan, soixante ans après l'indépendance, comme pour le moins autoritaire, paternaliste, discriminatoire et même parfois proche d'un "apartheid soft" entre Blancs et Noirs. Au point de susciter de vifs débats sur le passé colonial de la Belgique, jusqu'au sein de la Chambre, qui a décidé d'entamer une réflexion sur ces cinq décennies.

"Je suis heureux et fier d'être le premier représentant de la Belgique auprès de la République du Congo." Scruté par toute la presse de son pays, le diplomate affiche confiance et détermination. Dans le Congo fraîchement indépendant, c'est lui qui s'apprête à représenter l'ancienne puissance coloniale. Le poste lui fait honneur. En apparence, Jean van den Bosch a tout pour être heureux. Mais dans la coulisse, c'est un tout autre feuilleton qui vient de se jouer. Car si le poste est prestigieux, il est surtout périlleux. Van den Bosch le sait, lui qui a tout fait... pour ne pas l'obtenir.

C'est ce qu'on appelle un incident diplomatique. Le 30 juin, les plus hautes autorités belges se sont déplacées à Léopoldville pour célébrer l'indépendance du Congo.