Tout sur L'entretien

A nouveau mobilisé pour parler de cet antisémitisme dont la nouvelle virulence l'a conduit à publier Pourquoi les Juifs ?, l'activiste et citoyen du monde est vite happé par la crise du coronavirus. Il redouble d'inquiétude face au fléau de la peur qu'elle instille un peu plus encore dans nos sociétés. Les deux combats ne sont pas étrangers.

Le Goncourt 2013 clôt sa trilogie de l'entre-deux-guerres avec une fresque picaresque, Miroir de nos peines. Un tableau croustillant et émouvant de la débâcle morale et militaire française, vue à travers les yeux d'une institutrice, d'un soldat intègre, d'un combinard et d'un imposteur charismatique. Un roman populaire à l'image de son auteur : généreux, humble, franc, drôle et engagé.

Il a connu la gloire, à 13 ans, dans un film de Bertrand Blier, puis la déchéance de la drogue. Il s'est relevé, tout seul, dans un centre de cure, à Soissons, dans l'Aisnes : c'est le titre de la deuxième pièce d'une trilogie où il se met à nu. Raconter ses déboires, avec dérision, c'est ce qu'il fait le mieux. Il est, sur scène comme en interview, d'une sincérité rare, vibrante.

Souvent surnommé "Monsieur bonheur", Ilios Kotsou s'est emparé de la question du bien-être. Docteur en psychologie et spécialiste des émotions, il insiste sur l'importance de vivre dans des conditions décentes et d'entretenir le lien social pour être heureux. Un regard optimiste, sans naïveté, sur la notion de bonheur.

En 2013, le jeune professeur d'histoire romaine de l'ULB David Engels avait frappé un grand coup en comparant dans Le Déclin (Toucan) le sort de l'Europe à celui de la République romaine finissante. Emigré depuis en Pologne, il revient avec 22 recettes pour "surmonter le désespoir" dans Que faire ? Vivre avec le déclin de l'Europe (Blue Tiger Media). Celles-ci tiennent du conseil en développement personnel (retour à la nature, à la beauté, à la spiritualité, au livre...) et du manuel de désobéissance civile cher à Henry David Thoreau. Conservateur, certainement, mais inclassable.

L'économiste, musicien et écrivain sénégalais appelle à gagner la bataille oubliée de la qualité des relations entre individus et à opérer un tournant civilisationnel en changeant notre mode de production. Comment préserver les conditions de la vie humaine alors que nous les mettons en péril à une vitesse vertigineuse ?

En Belgique et en France, les plaintes pour viol explosent, alors que les condamnations sont en fort recul, depuis dix ans. La pénaliste française Isabelle Steyer dénonce un système judiciaire misogyne dans lequel les femmes continuent à être perçues comme "affabulatrices". Amnesty International confirme, en pointant des lois européennes défaillantes et une culture de culpabilisation des victimes perpétuant l'impunité.

Il pose à côté d'un globe terrestre pour illustrer ses mémoires. A 76 ans, Hervé Hasquin fait le tour du monde politique et académique. Lui, un grand timide ? "Il faut me croire." Le libéral hyperactif dégaine, dézingue, décode. Avec jubilation, exaspération, consternation, fidèle à sa réputation : "Je n'ai jamais été de ces bois flexibles qui peuplent les jardins de la politique." Ce "gourmand de la vie" n'a pas fini de manger du lion.

Toujours sur ses gardes, BHL, quand il se rend en Belgique. Pour cause d'entartages à répétition depuis plus de trente ans. Mais le philosophe français, qui s'est fait d'autres ennemis pour avoir jugé " mortifère " le mouvement des gilets jaunes, revient à Bruxelles. Pour son projet en vue des prochaines élections européennes : remobiliser les europhiles face à la montée des extrêmes et du populisme.

L'écrivain anversois, qui vit plusieurs mois par an en Afrique du Sud, est auréolé d'une double actualité en Belgique : la création en français de son adaptation de Shakespeare La Reine Lear, et la sortie de son roman Décombres flamboyants, qui retrace la cohabitation improbable entre un bègue flamand et un réfugié syrien dans un futur dystopique où les attentats se multiplient.

Le dessinateur est sans cesse, et pour toujours, ramené à la journée du 7 janvier 2015, et aux attentats contre Charlie Hebdo. Lui, avait plutôt envie de raconter les vingt-trois ans qu'il a passés dans sa rédaction, entre amis et passionnés du dessin. Un livre, Indélébiles, clôt plus qu'un chapitre: il lui permet, enfin, de sortir des ténèbres.

Depuis l'affaire Clearstream déclenchée en 2001, il est devenu un symbole du journalisme d'investigation. Aujourd'hui, il veut toujours faire sauter le système. Dans son dernier livre, Denis Robert dézingue les milliardaires, comme Albert Frère, qu'il accuse de piller les Etats. Confidences d'un indigné.

L'intellectuelle française s'alarme, dans Délivrez-nous du bien ! coécrit avec Jean-Michel Quatrepoint, de la progression en Europe du minoritarisme à l'anglo-saxonne. Pour elle, les groupes minoritaires militants jouent le jeu du néolibéralisme.