Tout sur Kim De Gelder

Les psychologues désignés par la défense de Kim De Gelder lors du procès de ce dernier ont écrit un manifeste pour plaider en faveur d'une véritable psychiatrie judiciaire, strictement clinique, et pour le respect d'une justice digne de ce nom, révèlent samedi La Libre Belgique, De Morgen et De Standaard.

Kim De Gelder a été reconnu coupable sur toute la ligne par le jury de la cour d'assises de Flandre orientale. Oui, il a assassiné Elza Van Raemdonck, 72 ans, Marita Blindeman, 54 ans, Leon et Corneel, neuf mois, en janvier 2009. Oui, il a tenté d'assassiner les autres personnes présentes à la crèche Fabeltjesland le 23 janvier 2009. Oui, il a tenté d'assassiner une famille, absente lors de sa visite, deux jours avant l'assassinat d'Elza Van Raemdonck.

La dernière journée du procès de Kim De Gelder avant l'entrée en délibération du jury s'est terminée par la lecture des 109 questions auxquelles les jurés devront répondre dès vendredi matin. Auparavant, les avocats et le ministère public avaient encore pu prononcer de dernières répliques. L'accusé, lui, n'a rien souhaité ajouter aux propos de son avocat.

Les avocats des parties civiles qui se sont succédé mardi à la barre ont demandé au jury de répondre "oui" à la question de la culpabilité de Kim De Gelder, et de reconnaître par là qu'il était responsable de ses actes quand il a tué Elza Van Raemdonck le 16 janvier 2009 et, une semaine plus tard, une puéricultrice et deux bébés de neuf mois.

Kim De Gelder n'était pas très bavard sur son lieu de travail et travaillait très lentement, mais personne ne l'aurait cru capable de commettre les faits qui lui sont aujourd'hui reprochés, est-il ressorti des témoignages de ses anciens collègues, ce jeudi après-midi devant la cour d'assises de Flandre orientale. Un psychiatre a également assuré que l'internement de De Gelder n'était pas nécessaire.

La famille De Gelder était en route vers Bruxelles quand elle a entendu à la radio qu'une tuerie avait été perpétrée à la crèche Fabeltjesland à Termonde. "J'espère que ce n'est pas notre Kim, quand même!", s'est exclamé le frère de l'accusé dans la voiture. C'est ce qu'a relaté mercredi le père devant la cour d'assises de Flandre orientale.

Guido Stellamans, le psychiatre de la prison de Bruges, a indiqué mardi, devant la cour d'assises de Flandre orientale, que Kim De Gelder "présentait toutes les caractéristiques de la schizophrénie" alors qu'il avait expliqué auparavant que, "dans tous les cas", aucun diagnostic de schizophrénie ne pouvait être posé.

Kim De Gelder a finalement accepté d'être pris en image sans que l'on dissimule ses traits. Telle est la teneur de la réponse qu'il a donnée à la question posée à ce sujet par le président Koen Defoort lundi matin. Les images et les photos prises dès à présent en salle d'audience pourront être vues désormais sans que l'on ait préalablement dissimulé le visage de l'accusé.

"Explique-le, s'il te plaît, Kim. Je demande que tu dises la vérité. Je vis avec cela depuis quatre ans. Dis-le à ces personnes; elles le méritent", a déclaré l'avocat de la défense Jaak Haentjens vendredi midi à son client, après que Kim De Gelder eut indiqué qu'il voulait parler de ses motivations.

Les premiers témoins ont commencé mardi à se présenter à la barre, souvent pour affirmer avoir vu Kim De Gelder lors de ses repérages avant qu'il ne commette les crimes pour lesquels il est poursuivi devant la cour d'assises de Flandre orientale. Kim De Gelder, énervé, a fait savoir au président Koen Defoort qu'il ne répondrait plus à ses questions.

La présence des parents de Kim De Gelder a mis la salle d'audience en émoi, où seules les parties civiles peuvent assister au procès. Après une pluie de critiques, le président Koen Defoort a décidé de leur refuser l'accès au procès jusqu'à leur témoignage le 13 mars.

"J'ai levé le couteau lentement, pour rester calme, et j'ai dit en lui posant le couteau sur la gorge: 'Madame, j'aimerais que vous restiez calme, ceci est une attaque'", a détaillé Kim De Gelder lundi après-midi devant la cour d'assises de Flandre orientale, alors qu'il retraçait les différentes "étapes", comme il les a qualifiées lui-même, de son périple meurtrier dans la crèche Fabeltjesland à Saint-Gilles-Lez-Termonde le 23 janvier 2009.