Tout sur Kigali

"Stop à la négation du génocide commis contre les Tutsis au Rwanda !" est le mot d'ordre d'une pétition qui s'insurge contre la tenue d'un colloque sur "L'Afrique des Grands Lacs, 60 ans de tragique instabilité", le 9 mars, au siège du Sénat français, au palais du Luxembourg, à Paris.

L'émotion et l'indignation ne retombent pas après le " suicide " de Kizito Mihigo, un chanteur très populaire et respecté.

Le conseil de la partie civile, Me Michèle Hirsch, a qualifié jeudi soir d'"historique" le verdict de culpabilité de Fabien Neretse rendu par la cour d'assises de Bruxelles. Le Rwandais de 71 ans a été reconnu coupable de crime de génocide, une première en Belgique. "C'est une décision qui s'inscrit dans l'Histoire, qui s'inscrit dans notre histoire et qui s'inscrit aussi dans l'histoire de l'humanité", a déclaré l'avocate à l'issue du verdict.

Le président rwandais Paul Kagamé a procédé à un important remaniement de son gouvernement, avec la nomination d'un nouveau ministre des Affaires étrangères, et de la hiérachie militaire aux différents niveaux des forces de défense et de sécurité, ont rapporté mardi le journal 'New Times' et la BBC citant des sources officielles à Kigali.

Le Rwanda a fermé jeudi sa frontière avec la RDC au lendemain de la mort à Goma d'un deuxième victime de l'épidémie d'Ebola et la découverte d'un troisième cas dans ce grand carrefour commercial situé à la frontière avec le Rwanda, a annoncé jeudi la présidence congolaise.

Le patriarcat et le génocide ont historiquement marginalisé les Rwandaises. Infirmière de formation, Felicite Rwemarika réagit depuis vingt ans en utilisant le football pour renforcer la confiance en soi et l'autonomie des femmes au sein de leur société. Loin de la Coupe du monde de foot féminin, qui s'ouvre en France.

Invité aux cérémonies du 25e anniversaire du génocide de 1994, le président français s'est dérobé. Une occasion manquée d'apurer - un peu - un lourd passif.

La logique de la réconciliation en oeuvre au Rwanda depuis le génocide de 1994 doit à la politique volontariste de l'État, mais aussi au courage de gens ordinaires qui ont su faire taire les différences. Thomas Ntashutimwe est de ceux-là.

Le Premier ministre belge Charles Michel est arrivé samedi soir à Kigali pour une visite officielle de 48 heures à l'occasion du 25ème anniversaire du début du génocide des Tutsi au Rwanda, qui a fait plus d'un million de morts selon les autorités rwandaises - environ 800.000 selon l'ONU - en trois mois et qui a également coûté la vie à 22 Belges, dont dix Casques bleus.

Entre le 6 avril et le 4 juillet 1994, le Rwanda a connu une immense tragédie, aujourd'hui reconnue au terrible qualifiant de génocide. Ce conflit s'est inscrit dans un long processus historique dont on n'a ni imaginé, ni anticipé, ni su circonvenir l'ampleur.

En ce jour de la commémoration du 25ème anniversaire de ce crime contre l'humanité, nous ne pouvons oublier les faits innommables et dramatiques qui ont commencé au lendemain de l'assassinat du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, au matin du 7 avril 1994.

Alors que les massacres de Tutsi ne faisaient que commencer au Rwanda, notre journaliste a pu accompagner un ultime convoi d'évacuation de l'opération belge Silver Back. Voici le récit de ces moments dantesques, tel qu'il fut publié dans Le Vif/L'Express le 22 avril 1994.