Tout sur Kaboul

Une centaine de civils, dont des ressortissants américains, sont arrivés jeudi à Doha à bord d'un avion en provenance de Kaboul, pour le premier vol transportant des étrangers quittant la capitale afghane depuis le retrait américain fin août. Les Etats-Unis ont salué la "coopération" et la "flexibilité" des talibans.

Malgré la reconquête de la vallée du Panjshir par les talibans, Homayoun Tandar, ex-ambassadeur à Bruxelles et ancien compagnon d'armes du commandant Massoud, croit en une opposition armée et civile au nouveau pouvoir qui, estime-t-il, est traversé par de fortes tensions.

La retraite de Kaboul des Américains n'a pas été glorieuse. Mais la situation qu'eux et leurs alliés afghans laissent au nouveau pouvoir ne promet pas des lendemains heureux. Entre les sanctions internationales, l'économie moribonde et la guerre promise par l'Etat islamique, comment faire fonctionner le pays?

La première urgence que la Belgique et d'autres pays ont mise sur la table de la réunion informelle des ministres des Affaires étrangères de l'UE, jeudi soir à Kranj (Slovénie), est l'évacuation d'Afghanistan des ressortissants encore sur place, des ayants droit et de ceux à qui la Belgique a annoncé qu'ils étaient sous sa protection, a-t-on appris en soirée auprès de la ministre belge Sophie Wilmès.

Le président du Conseil européen Charles Michel s'est fendu jeudi d'une tribune sur la chute de l'Afghanistan aux mains des talibans, relevant le "décalage" entre l'implication de l'Europe dans l'effort international envers ce pays et son "influence réduite" sur les choix stratégiques et le cours des événements.

Le gouvernement fédéral a décidé jeudi de mettre fin à la présence militaire belge à Islamabad, la capitale pakistainaise, où un détachement composé d'une centaine de militaires et de deux avions de transport C-130 Hercules avait été maintenu après l'évacuation de plus de 1.400 personnes de Kaboul après le retour au pouvoir des talibans, ont annoncé les trois départements concernés.

Et maintenant? Après le départ des États-Unis, une nouvelle page remplie d'incertitudes s'ouvre en Afghanistan où les promesses du nouveau régime taliban peinent pour l'heure à convaincre une partie de la population, qui garde en mémoire la brutalité de leur régime entre 1996 et 2001.