Tout sur Joseph Kabila

L'ex-gouverneur du Katanga apprend ce qu'il en coûte de défier le régime dont il a longtemps été un allié de poids. Mais qui se cache derrière l'homme d'affaires riche à millions, candidat à la présidentielle, vu avec bienveillance à Washington, Paris et Bruxelles ?

Le président congolais Joseph Kabila a annoncé samedi la convocation d'un "dialogue politique national inclusif" dans la perspective de l'élection présidentielle censée avoir lieu avant la fin novembre 2016 en République démocratique du Congo (RDC), mais sans en préciser ni la date, ni le lieu ni les participants.

Le principal parti congolais d'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS), a lancé vendredi un ultimatum au président Joseph Kabila, l'enjoignant d'entamer d'ici fin novembre le "dialogue national" qui doit mener à l'organisation d'élections présidentielle et législatives en République démocratique du Congo "en septembre prochain" dans un climat apaisé, menaçant d'en appeler à la rue en cas de nouvelle manoeuvre "dilatoire" du pouvoir.

L'opposant historique congolais Etienne Tshisekedi a annoncé dimanche soir avoir demandé à ses délégués de se retirer des négociations entamées avec le régime de Kinshasa pour préparer un "dialogue national" voulu par le président Joseph Kabila à l'approche de plusieurs élections, à la suite de l'"échec" d'entretiens avec des représentants du camp présidentiel.

La presse kinoise spéculait mardi sur la teneur de la "grande annonce" que le président congolais Joseph Kabila s'apprête à faire, au surlendemain d'une réunion de tous les caciques de la Majorité présidentielle (MP, la large plate-forme qui soutient son action), et qui pourrait être la désignation de son dauphin.

Le gouvernement congolais a très mal pris les propos du ministre belge de la Coopération au développement, Alexander De Croo, qui a critiqué vertement des mesures prises par le régime du président Jospeh Kabila à la suite de violences le mois dernier contre une révision de la loi électorale.

L'ONG congolaise Voix des Sans Voix pour les droits de l'homme (VSV) a dénoncé l'"enlèvement" mardi à Kinshasa "d'une dizaine d'opposants au régime du président Joseph Kabila par des policiers armés et d'autres personnes qui étaient à bord d'une jeep de la Police nationale congolaise (PNC)".

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, a nommé un gouvernement de "cohésion nationale" autour de son Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon qui a été reconduit, selon une ordonnance lue lundi matin à la télévision publique congolaise.

Le président Joseph Kabila "doit partir car il est le principal responsable des malheurs" qui touchent la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé jeudi matin M. Bruno Mavungu, secrétaire général de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le principal parti de l'opposition.

Les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), qui menacent de s'emparer du chef-lieu de la province du Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo (RDC), exigent du gouvernement de Kinshasa "la cessation des hostilités" et des négociations "directes" dans les 24 heures, ont-ils annoncé dans la nuit de dimanche à lundi.

L'ONU a déployé mercredi des chars au nord de Goma pour prévenir une éventuelle attaque des mutins du M23 sur la capitale du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo, alors que le chef de l'ONU Ban Ki-moon a appelé les présidents rwandais et congolais pour résoudre la crise.

Les combats depuis un mois entre l'armée et des mutins ex-rebelles, dont le général Bosco Ntaganda, recherché par la Cour pénale internationale (CPI), ont profité aux groupes armés de nouveau très actifs dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), replongé dans le chaos et la violence.

Cinq mois après les élections de fin 2011, la République démocratique du Congo a enfin son nouveau gouvernement, nommé samedi par le président Joseph Kabila qui a choisi une équipe resserrée, peu politique, avec quelques sortants et où le Premier ministre garde la main sur les Finances.

"Si Tshisekedi ne veut voir personne, c'est son problème", estime Didier Reynders, le chef de la diplomatie belge, au terme de sa mission à Kinshasa.

Au risque d'être accusé de "légitimer" le président réélu Joseph Kabila, Didier Reynders a voulu être le premier responsable européen à se rendre au Congo depuis les élections. Le chef de la diplomatie belge a tenté d'encourager le dialogue entre la majorité et l'opposition.