Tout sur jihadisme

Le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) et l'écrivain flamand Geert van Istendael sont tristes lorsqu'ils pensent à Bruxelles, leur passion partagée. Pour plus d'un profane, Bruxelles est un "trou noir", une ville sans caractéristiques. Mais depuis les attentats de Paris, notre capitale est connue à l'étranger comme un foyer de djihadistes. "Les Français ont tout intérêt à incriminer Bruxelles" estime Mayeur. "On a évidemment commis des erreurs en Belgique aussi" estime Van Istendael.

Hans Bonte, le bourgmestre de Vilvorde, ne se montre pas très confiant à l'égard des mesures antiterroristes du gouvernement fédéral. "Avec une bonne pince, il est facile de se débarrasser d'un bracelet électronique."

Le chercheur et spécialiste de la radicalisation islamique Montasser AlDe'emeh a été arrêté ce lundi à Molenbeek dans le cadre d'une enquête antiterroriste fédérale. Le juge d'instruction décidera plus tard dans la journée s'il y a lieu de prolonger son arrestation. L'information a été confirmée par le parquet fédéral.

Réputée à l'étranger pour toutes sortes de choses "aimables", son chocolat, sa bière, ses bandes dessinées, etc. , la Belgique est à présent dépeinte dans les médias américains comme un "failed state", un terme utilisé pour désigner un état qui n'arrive pas assurer ses missions fondamentales et qui est généralement réservé à des pays du Tiers-monde.

Jusqu'à aujourd'hui, aucun jeune Malinois n'est parti en Syrie pour rejoindre l'État islamique. Bart Somers (Open VLD), bourgmestre de la ville depuis 2001, réussit à concilier ses valeurs libérales avec la lutte contre le terrorisme et la criminalité dans les rues. Il ne craint ni les tabous de gauche, ni ceux de droite.

"Après les attentats sanglants de Paris et les conséquences pour notre pays, il est temps de tirer quelques leçons" écrit le professeur Herman Matthijs (VUB et Université de Gand). Selon lui, certaines décisions auraient dû être prises depuis des années, alors que d'autres modifieront notre façon de vivre.

L'opération antiterroriste à Saint-Denis près de Paris visait le Belge Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau des attentats de Paris. C'est le djihadiste belge le plus recherché, mais il a pu déjà faire (plusieurs ?) allers et retours. Pour l'expert en djihad Montasser AlDe'emeh, chercheur à l'Université de Nimègue, c'est la preuve de l'amateurisme des services de sécurité.

Comme après chaque attentat islamiste réussi, le massacre du 13 novembre provoque des interrogations sur d'éventuelles "failles" dans les systèmes antiterroristes français et européens. Pour les pires attaques commises sur le sol français, des dysfonctionnements semblent s'être accumulés.