Tout sur IVG

Les écologistes veulent reprendre les travaux au parlement sur la réforme de la loi sur l'avortement, après l'avis du Conseil d'Etat. Le CD&V s'irrite, son président rappelle qu'une enquête scientifique doit d'abord avoir lieu.

Le vote de la loi sur la dépénalisation de l'IVG a été une quatrième fois reporté ce jeudi. Ces débats autour de l'avortement ont surtout soulevé une nouvelle question : pourquoi tant de tensions ? Pour (re)conquérir un électorat conservateur ?

En l'absence de gouvernement majoritaire, ce sont les parlementaires qui font les lois, à la Chambre. Jamais les députés n'auront été aussi actifs, faisant passer des textes au gré de majorités alternatives variables, comme cela aurait dû être le cas pour la dépénalisation de l'IVG. Parfois peu attentifs à l'impact budgétaire qu'ils engendrent sur le long terme.

Les associations féminines du nord et du sud du pays lancent un appel lundi aux présidents des partis politiques afin qu'ils laissent s'exprimer le parlement sur l'assouplissement des conditions d'accès à l'interruption volontaire de grossesse. Après le CD&V, la N-VA a fait samedi de cet enjeu un point de rupture pour la formation d'un gouvernement fédéral.

Le président de la Chambre, Patrick Dewael, a écrit au Premier président du Conseil d'Etat pour lui demander que l'avis sur les amendements à la proposition de loi relative à l'avortement soit rendu dans un délai ne dépassant pas trente jours. Ce délai doit tenir compte des circonstances particulières du dossier, précise-t-il.

L'avortement est dépénalisé partiellement depuis 30 ans. Après trois décennies, s'il semble admis que la femme a le droit de disposer de son corps, la pratique d'une interruption volontaire de grossesse (IVG) reste taboue. "Les femmes n'en parlent pas. Personne n'en parle", relève Emilie Saey, directrice de la Fédération des centres pluralistes de planning familial.

La Commission de la Justice de la Chambre a approuvé mercredi les articles de la proposition de loi qui dépénalise complètement l'avortement. Le CD&V a demandé une deuxième lecture. Le vote sur l'ensemble attendra donc au moins deux semaines

Le moment est peut-être historique : le Parlement s'apprête-t-il à voter la dépénalisation de l'avortement ? C'est en tout cas apparemment la direction que prendrait la majorité. Plusieurs partis, dont le PTB, ont déposé une proposition de loi progressiste à cet égard et finalisent actuellement une proposition commune visant non seulement à dépénaliser l'IVG, mais aussi à allonger à 18 semaines le délai dans lequel il sera légal le pratiquer.

Chers députés, chers mandataires, chère présidente et cher président de parti, dans tous les combats que vous menez, ou peu s'en faut, vous visez juste, nous vous le concédons. Vous parlez avec le coeur, mais aussi avec la voix de la raison.

Le Vlaams Belang, grand vainqueur des élections de dimanche dernier, est le parti le plus anti-féminin que la Belgique ait connu, dénonce jeudi le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB), au lendemain de l'audience royale de la formation d'extrême droite.