Tout sur IVG

La Chambre a approuvé la proposition de loi de la majorité sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Rien ne changera, ou si peu, pour les femmes. Une occasion manquée de renforcer le droit à l'avortement en Belgique mais aussi un scénario écoeurant que nous dénonçons.

Un article de quelques lignes dans deux quotidiens, pas un mot dans les autres journaux... Voilà ce que l'on pouvait trouver dans la presse flamande au lendemain de l'approbation par la Chambre, le 4 octobre, de la loi qui sort l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal.

La Chambre a approuvé jeudi la proposition de la loi qui sort l'interruption volontaire de grossesse du Code pénal. Fruit d'un compromis au sein de la majorité, le texte fait l'objet d'un faible consensus, singulièrement sur les bancs francophones. Il a rallié le cdH mais a été fermement combattu par le reste de l'opposition ainsi qu'une partie du monde associatif.

Les députés belges votent jeudi une nouvelle loi sur l'avortement qui prévoit quelques "avancées" d'après ses promoteurs, mais déçoit vivement les associations de femmes qui espéraient une extension du délai légal de 12 semaines.

La Commission Justice de la Chambre a approuvé mercredi la proposition de loi de la majorité sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Si cette loi est adoptée par la Chambre, rien ne changera, ou si peu, pour les femmes. Une occasion manquée de renforcer le droit à l'avortement en Belgique mais aussi un scénario écoeurant qu'en tant que citoyen·ne·s, nous dénonçons.

La commission de la Justice de la Chambre a approuvé mercredi en deuxième lecture la proposition de loi de la majorité sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG), avec le soutien du cdH. Dans la foulée, plusieurs fédérations de centres de planning familial ont dénoncé "un leurre", une proposition de loi "qui n'améliore en rien la situation des femmes confrontées à une grossesse non désirée", estiment-elles.

Le président irlandais Michael Higgins a annoncé mardi avoir promulgué la loi constitutionnelle légalisant l'avortement en Irlande, à la suite d'un référendum historique en mai abrogeant l'interdiction constitutionnelle de l'IVG dans ce pays catholique.

La commission de la Justice de la Chambre a entamé mardi après-midi le débat sur la proposition de loi de la majorité visant à sortir l'interruption volontaire de grossesse (IVG) du Code pénal, une évolution saluée comme une "avancée" par la majorité et le cdH, le reste de l'opposition y voyant au contraire, dans sa formulation, un moyen de "relancer la machine à poursuivre". Le vote interviendra dans la soirée.

Une Déclaration de Bruxelles, portée par le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles Rudy Demotte et la ministre des Droits des femmes Isabelle Simonis, appelle au retrait de l'interruption volontaire de grossesse du Code pénal ou du Code d'instruction criminelle des Etats en Europe et dans le monde.

L'avortement, qui fait l'objet cette semaine d'un référendum en Irlande et d'une procédure judiciaire en Corée du Sud, reste interdit dans une vingtaine de pays dans le monde. Ailleurs, les législations varient, avec parfois d'importantes restrictions.

Malgré plusieurs propositions pour dépénaliser l'avortement, l'IVG en Belgique est toujours encadrée par une loi qui a près de 30 ans, et par des conditions qui étaient, à l'origine, des concessions accordées aux anti-IVG.

Chargée de porter devant l'Assemblée nationale le projet de loi légalisant l'avortement, Simone Veil n'a jamais reculé, malgré une majorité divisée et les coups bas de ses opposants.