Tout sur Intégration

C'est une nouveauté passée inaperçue qui ressort de la lecture de la déclaration de politique régionale (DPR) signée vendredi par le PS et le cdH: l'apprentissage du français sera rendu obligatoire en Wallonie tant en ce qui concerne le parcours d'intégration des primo-arrivants que pour l'octroi du permis de travail B aux travailleurs étrangers.

Le gouvernement wallon a approuvé lundi le projet de décret relatif au parcours d'intégration des primo-arrivants souhaitant s'installer durablement en Wallonie, a indiqué la ministre de l'Egalité des chances, Eliane Tillieux (PS). Les ministres se sont notamment entendus sur la politique de sanction en cas de non-respect des éléments obligatoires du parcours.

Après l'obligation d'efforts, bientôt l'exigence d'un résultat. La Flandre songe à corser le parcours d'intégration linguistique imposé à ses nouveaux arrivants. Echouer au test de néerlandais ne serait plus sans conséquences.

La ministre wallonne de l'Egalité des chances Eliane Tillieux (PS) s'est demandée jeudi "quelle mouche a piqué" André Antoine (cdH) de réclamer dans la presse, avec le ministre bruxellois Benoît Cerexhe (cdH), un parcours d'intégration commun à la Wallonie et à Bruxelles, avec un apprentissage des langues obligatoire.

Le refinancement de la Région bruxelloise prévu par la sixième réforme de l'Etat sera insuffisant pour résoudre l'ensemble des problèmes de la capitale, notamment en terme de formation et d'alphabétisation des immigrants, afin de favoriser l'intégration des nouveaux arrivants, a prévenu son ministre-président, Charles Picqué.

Le président des FDF Olivier Maingain estime que la scission de l'arrondissement électoral de BHV, votée mardi par la commission des Affaires institutionnelles du Sénat, prépare la scission du pays. "On entre dans une logique confédéraliste", a indiqué mercredi, M. Maingain, sur les ondes de la Première. Il considère que la scission de BHV renforce la frontière linguistique comme future frontière de l'Etat.

Le chef de groupe MR à la Chambre Daniel Bacquelaine est d'avis que le "multiculturalisme est un échec" en ce qu'il a permis l'émergence du communautarisme qui opprime l'individu de façon parfois "moyenâgeuse". Le MR préfère à ce modèle celui de l'interculturalité qui offre à chacun l'opportunité de s'émanciper.

Le bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux (PS), dit avoir dû abandonner le dialogue pour la force afin de calmer la centaine de personnes qui ont encerclé le commissariat de la rue du Facteur, jeudi soir. Il attribue ces débordements à Sharia4Belgium.

La vice-première ministre Joëlle Milquet (cdH) est contre un débat sur l'intégration qui se voudrait animé par des "simplismes qui montent les uns contre les autres". Il faut pouvoir prendre à bras le corps les problèmes, essentiellement d'ordre socio-économique, et agir en faveur du respect de tous, peu importe les origines, mais aussi saluer "les réussites de la diversité", a-t-elle dit.

À l'instar de Daniel Ducarme il y a dix ans, Didier Reynders, fraîchement arrivé en terre bruxelloise, a déploré l'échec des politiques d'intégration en certains endroits de la capitale, singulièrement à Molenbeek. "Si un tel constat doit être posé par Didier Reynders, c'est qu'il reste un grand nombre de problèmes à régler à ce sujet", a affirmé Denis Ducarme, député MR.

Le vice-premier ministre MR Didier Reynders a affiché sa disposition à débattre de l'intégration à Bruxelles, un sujet qui, selon lui, constitue un "énorme problème" dans certains endroits, notamment à Molenbeek, et dont les politiques ont mené à "un véritable échec". Sarah Turine, Secrétaire politique Ecolo à Bruxelles, lui rappelle que le MR est en majorité à Molenbeek.