Tout sur Hergé

Il y a quatre-vingts ans, un gamin de 7 ans, le fils de l'éditeur Casterman, reçoit de Hergé le projet de couverture du Lotus bleu réalisé à l'encre, à l'aquarelle et à la gouache et qui avait été refusé quatre ans plus tôt par le père du garçon pour des raisons financières liées aux techniques de colorisation.

On a toujours besoin d'un plus grand que soi. Parce qu'il faut lever la tête pour le scruter. Et qu'alors on voit plus haut. Plus loin. Et que, si on y prête attention, comme lorsqu'on respire très profondément, comme lorsqu'on veut s'imprégner d'un moment, d'un silence, d'un parfum, d'une lumière, on ressent quelque chose qui ressemble à de l'élévation.

Pour Jan Baetens, professeur à la KU Leuven et spécialiste de l'oeuvre d'Hergé, la pérennité de Tintin passe par l'ouverture aux réinterprétations de son univers.

Burlesque et débridée, la première aventure de Tintin a pour cadre une Russie communiste de cauchemar. Si les Soviets fascinent, c'est parce qu'on y voit le talent d'Hergé s'affermir et son héros prendre forme.

Quand sortira Prisoners of the Sun, le deuxième volet des aventures de Tintin en images de synthèse, projet sans cesse reporté ? Peter Jackson, qui doit le réaliser, envisage de travailler sur le script cette année.

Comment ranimer l'intérêt des nouvelles générations pour Tintin ? Question lancinante, alors que les aventures du petit reporter, commencées il y a nonante ans sur un quai de gare à Bruxelles, se sont arrêtées en 1976 en Amérique du Sud.