Tout sur Filip Dewinter

La figure de proue du Vlaams Belang et député flamand Filip Dewinter estime que le président de la N-VA Bart De Wever doit "apporter de la clarté" sur la formation du prochain gouvernement flamand, a-t-il indiqué vendredi dans l'émission De Ochtend sur Radio 1. Filip Dewinter espère que le formateur optera pour une coalition de droite avec le Vlaams Belang. "Bart De Wever ne doit pas subir le chantage du duo Beke et Rutten, qui a perdu les élections."

Le Parlement flamand a choisi samedi, au cours d'une brève séance, Wilfried Vandaele (N-VA) comme nouveau président temporaire, en remplacement de son collègue de parti, Kris Van Dijck, qui avait démissionné jeudi. La séance a été conduite par le premier vice-président de l'assemblée, Filip Dewinter (Vlaams Belang).

La Belgique des analystes, des journalistes et des politistes s'est beaucoup interrogée, ces derniers jours, sur la nature de l'extrême droite et sur ses différences avec la gauche et l'extrême gauche. De ces questionnements censément sans tabou, qui cachent mal des affirmations soi-disant sans langue de bois qui font le déshonneur de l'analyse, du journalisme et même de la politologie, ne ressort pas qu'une brillance intellectuelle qui dit beaucoup de l'état de notre débat public.

"Filip Dewinter finira comme Geert Wilders: en échec total", déclare dimanche Theo Francken (N-VA) dans les colonnes du journal De Zondag. "Toujours revenir sur l'islam, taper sur les musulmans, c'est fatiguant", dit-il, ajoutant que si la N-VA voyait "aussi des problèmes avec l'islam", le parti ne cherchait pas la "guerre".

Si le Vlaams Belang triomphe aux élections de dimanche, on se tournera vers les médias. Pas comme après le dimanche noir de 1991 - quand, selon certains, ils avaient aidé le Vlaams Blok de l'époque en gardant le silence sur le parti - mais pour avoir normalisé le Vlaams Belang ces dernières années. Si le cordon sanitaire existe toujours après le 26 mai, le cordon médiatique a disparu depuis longtemps.