Tout sur féminisme

Mon nom est clitoris vient de recevoir, aux Magritte du cinéma, le prix du meilleur documentaire. Signe, parmi bien d'autres, que cet organe dédié au plaisir féminin sort de sa cachette, où la science l'avait trop longtemps laissé. Porté par une nouvelle vague féministe, comme symbole de pouvoir.

La masculinité n'est pas en crise. Et c'est un homme qui l'affirme. Le masculin, en revanche, se sent en crise, selon le chercheur canadien Francis Dupuis-Déri. Parce qu'il supporte mal que le féminin lui grappille du pouvoir et de l'espace. Or ce sentiment ne date pas d'hier et, souvent, les arguments censés justifier ce mal-être ne résistent pas à l'analyse.

C'est une distinction qui n'existe que dans les lieux publics. Parce qu'en privé, vessies et intestins se vident dans un pot commun. Quel architecte aurait l'idée de construire une maison familiale comprenant un WC pour maman et un autre pour papa ?

Elles se distillent. Dans des livres, sur les réseaux sociaux, dans des associations, dans des conseils de drague... Les convictions masculinistes seraient même de plus en plus audibles, contrecoup de #MeToo. Pour certains hommes, le féminisme a pris le pouvoir et les femmes trop de place. La leur. D'où leur revendication : laissez-nous vous dominer.

Spécialiste de l'histoire sociale et de l'histoire du féminisme, Eliane Gubin a coordonné l'Encyclopédie d'histoire des femmes, qui a mobilisé 70 auteurs. Où l'on découvre que les femmes, même reléguées à la sphère privée, furent aussi un moteur de l'histoire ; que même privées de droits civiques, elles s'engagèrent en politique ; qu'elles créèrent alors même que leurs oeuvres étaient regardées de haut... Une brèche dans l'amnésie générale.