Tout sur État

" L'instant véritablement présent et plein, écrivait le philosophe Martin Buber, n'existe que s'il y a présence, rencontre, relation. [i]" À l'inverse, le temps de pandémie et de confinement que nous venons de traverser a été, pour beaucoup d'entre nous, un temps d'absence et d'isolement. Aussi, comme les mois passés peuvent éclairer les forces et faiblesses de notre État ou de nos entreprises, ce grand moment de glacis relationnel peut nous aider à mettre en perspective ce qui nous lien.

Le débat sur la neutralité de l'État et la problématique du port des signes convictionnels par des fonctionnaires publics devient une ligne de fracture qui divise profondément la société. Elle se manifeste entre partis politiques, au sein de certains d'entre eux et se reproduit dans toutes les strates de la société. Elle divise les générations, et parfois même les familles.

La commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité entre les femmes et les hommes (IEFH), Ihsane Haouach, au coeur d'une polémique pour des propos sur la séparation de l'Église et de l'État, a annoncé sa démission, en invoquant les "attaques personnelles incessantes" et le cyberharcèlement dont elle affirme faire l'objet. Une décision que la secrétaire d'État à l'Égalité des chances, Sarah Schlitz (Ecolo), a dit "regretter"

Le président de la N-VA Bart De Wever souhaite négocier une réforme de l'État avec les socialistes francophones après les élections de 2024, afin de parvenir à un "accord de séparation ordonnée". Il l'a répété samedi matin dans l'émission 'De Ochtend' sur Radio 1 (VRT). Le parti nationaliste ne veut certainement pas coopérer avec le Vlaams Belang, même si les sondages montrent que les deux partis auront une majorité confortable lors de ce scrutin, a-t-il encore insisté.

L'ex-dirigeante birmane Aung San Suu Kyi, renversée par un coup d'Etat militaire, a été inculpée pour corruption, accusée par la junte d'avoir perçu plus d'un demi-million de dollars et onze kilos d'or de pots-de-vin.

La condamnation judiciaire de la politique de neutralité exclusive pratiquée par la STIB continue de faire des remous. La question du port de signes convictionnels dans la fonction publique menace la cohésion sociale, divise la majorité bruxelloise et monopolise beaucoup d'énergie au moment où la gestion de la fin de la pandémie de Covid 19 exige peut-être qu'elle soit employée ailleurs. Quelles pourraient être les pistes pour sortir de cette crise?

Jean-Philippe Schreiber, professeur à l'ULB, insiste sur la nécessité de décisions politiques pour régler cette question polarisante. Et demande de "sortir ce débat de l'unique question du foulard, car ne voir l'impartialité de l'État qu'à travers la loupe du foulard islamique et des discriminations à l'encontre des femmes musulmanes constitue une réduction inacceptable".

"Le secteur culturel subit des conséquences de manière disproportionnée", a réagi mardi Virginie Devaster, une des porte-paroles de l'Union de professionnels des arts et de la création - pôle travailleur (UPAC-T), à l'issue du Comité de concertation. "Nous nous retrouvons une nouvelle fois sans perspectives certaines, conditionnées à l'évolution de la situation épidémiologique alors que l'on comptait sur mai et juin pour absorber une partie des spectacles reportés plusieurs fois."