Tout sur Emmanuel Ramazani Shadary

Une première contestée, mais une première quand même: la République démocratique du Congo s'apprête jeudi à vivre une transmission pacifique sans précédent du pouvoir présidentiel, qui va passer des mains de Joseph Kabila à Félix Tshisekedi.

L'élection de l'opposant Félix Tshisekedi à la présidence de la République démocratique du Congo a l'apparence d'une alternance historique en Afrique centrale où les mêmes dirigeants se font réélire pendant des décennies (Cameroun, Tchad, Gabon Congo-Brazzaville, Rwanda). Mais cette alternance sans précédent dans la sous-région peut vite prendre la réalité d'un partage négocié du pouvoir avec le président sortant Joseph Kabila, en faveur de ce dernier, selon les premières expertises et analyses.

Quatre personnes, dont un policier et un agent électoral, ont été tuées dimanche lors des élections en République démocratique du Congo dans la province du Sud-Kivu (est), a indiqué le directeur de campagne du candidat d'opposition à la présidentielle Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe.

Le compte à rebours toujours incertain des élections prévues dimanche en République démocratique du Congo a repris vendredi, avec des violences pré-électorales dans l'Est et une réunion imprévue entre les candidats à la présidentielle et la commission électorale, en présence d'observateurs africains à Kinshasa.

Kinshasa a enjoint jeudi à l'Union européenne (UE) de rappeler dans les "48 heures" son représentant en République démocratique du Congo, une mesure de rétorsion après le maintien des sanctions européennes visant 14 personnalités congolaises, dont le candidat du pouvoir à l'élection présidentielle.

La République démocratique du Congo, le plus grand et le plus instable des pays d'Afrique sub-saharienne, entre dans une période sans précédent de sa tumultueuse histoire à l'approche des élections prévues le 23 décembre.

La décision du président Joseph Kabila de respecter la Constitution en ne se représentant pas constitue une première encourageante dans l'histoire violente de la République démocratique du Congo, mais ne garantit pas un "transfert pacifique" du pouvoir, qui serait inédit, lors des élections du 23 décembre.

La Belgique "souligne l'importance d'un processus électoral réellement crédible et inclusif, conformément à la Constitution et à l'accord de la Saint-Sylvestre de décembre 2016", ont réagi jeudi soir les Affaires étrangères, au lendemain de l'annonce du président Kabila. Ce dernier a indiqué avoir choisi l'ex-ministre de l'Intérieur Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat à sa succession à l'élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a indiqué mercredi "prendre acte" de la désignation par le président congolais Joseph Kabila d'un dauphin, Emmanuel Ramazani Shadary, qui sera le candidat du pouvoir en place à l'élection présidentielle du 23 décembre en République démocratique du Congo (RDC).