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La campagne pour les élections anticipées du 12 décembre, provoquées par le Brexit et censées mettre un point final à la saga, s'ouvre officiellement mercredi au Royaume-uni avec la dissolution du Parlement, dans la plus grande incertitude sur son résultat.

En 1893, la Belgique instaure le vote obligatoire. Celui-ci est une nouveauté sur le plan international. Pour rappel, au cours de l'année 1893, on délaisse le suffrage censitaire pour privilégier le suffrage universel tempéré par le vote plural.

Tout le monde les redoute, mais tout le monde y pense. Des élections législatives anticipées pourraient, en redistribuant les cartes, débloquer une situation fédérale inextricablement bloquée. Mais à quels partis, tous tétanisés, pourraient-elles profiter ?

A la création de la Région bruxelloise, en 1989, ses négociateurs (Jean-Luc Dehaene, CVP, et Philippe Moureaux, PS, au premier plan) ont opté pour des groupes et listes linguistiques séparés à l'élection du parlement régional.

Il y a dix ans, le couplage des élections fédérales et régionales était présenté comme une solution pour éviter l'instabilité politique, et était intégré à la sixième réforme de l'Etat. Deux scrutins plus tard (2014 et 2019), presque tout le monde en est revenu. De nouvelles élections législatives pourraient à nouveau dissocier les calendriers des Régions et de l'Etat fédéral.

En Wallonie, les électeurs d'Ecolo et du PTB sont les plus fidèles à leur parti. Ainsi, 71% des électeurs ayant voté pour le parti vert en 2014 ont confirmé leur choix lors du scrutin du 26 mai; un pourcentage qui passe à 75% pour le PTB, selon une analyse des données issues de l'enquête sortie des urnes réalisée par le Centre d'étude de la vie politique de l'ULB (Cevipol) et publiée lundi.

Ce 26 mai, les deux plus grandes rivalités internes à la vie politique francophone ont connu un épisode décisif. Et bientôt un épilogue pour les tumultueux duels livrés par Charles Michel et Didier Reynders au MR, et par Elio Di Rupo et Paul Magnette au PS.

Alea jacta est, l'électeur a parlé, il faut y aller à présent. Revêtir son costume de scène, descendre à pas feutrés dans la fosse aux lions. Devant son poste de télé, l'apaisante Mathilde à ses côtés, Philippe Ier de Belgique a contemplé, moue dubitative et sourcils froncés, le champ de bataille au soir du 26 mai. Super Sunday, bloody Sunday. L'arithmétique électorale qui transpirait des camemberts et graphiques de toutes couleurs occupés à défiler sur l'écran n'inspire rien de bon. Un vertige l'a saisi, à la vue du fossé béant entre le Nord et le Sud d'un Royaume un peu plus écartelé encore.

Leur parti comptait sur eux, personnellement. Pour écraser la concurrence ou doper le nombre de voix dans une région. Mission accomplie au terme de ce triple scrutin ? Le Vif/L'Express a passé au crible les effets de dix candidats et identifié six duels intrapartisans.

Il y a cinq ans encore, le Vlaams Belang flirtait avec le seuil électoral. Aujourd'hui, le parti d'extrême droite est parvenu à tripler son score. Près d'un électeur flamand sur cinq lui a accordé sa confiance, faisant de cette formation la deuxième plus importante du nord du pays.

En Belgique, la tradition veut que les présidents des plus " grands " partis prennent la main au lendemain des élections pour la formation des futurs gouvernements. Et si, pour une fois, on donnait la parole aux partis qui progressent, histoire de respecter la tendance imprimée par les électeurs.

Quel est le poids des convictions philosophiques sur le comportement électoral ? Une enquête " sortie des urnes " réalisée à Bruxelles le 26 mai par le Cevipol (ULB) éclaire le scrutin.

Le taux d'abstentionnisme, soit les votes blancs et nuls et donc non valables, s'est établi à 8,36% en Wallonie, soit en légère hausse par rapport au scrutin de 2014, où il avait atteint 7,41% (+0,95 point de pour cent). A Bruxelles, il s'est chiffré à 6,65% contre 5,35% lors des élections de 2014 (+1,3 point de pour cent), ressort-il lundi des chiffres du SPF Intérieur.

Sourires et ferveur des militants chez les uns, déception ou espoir chez les autres... tour d'horizon des soirées électorales du 26 mai dans les différentes formations politiques.