Tout sur Edito

Emmanuel Macron n'est pas un inconditionnel de l'euthanasie. Quand il a décrété, mi-novembre lors d'une interview à The Economist la " mort cérébrale " de l'Otan, il n'avait pas l'intention d'achever cette Alliance atlantique portée sur les fonts baptismaux en 1949 avec la mission d'assurer la défense des Etats occidentaux contre le péril communiste.

Nouvelle commission, nouveau président du Conseil, Parlement renouvelé : l'Union européenne va-t-elle bénéficier d'un nouvel élan ? Chaque changement amène son espoir de progrès.

A quel fruit correspond chaque pays ? Lequel est plutôt agrume, qui est plutôt à coque, ou à noyau, exotique, rouge, à pépins ? Qui est à chair tendre, qui est à éplucher obligatoirement, qui est d'été, ou en grappe, ou des bois, rond, comestible, confit, à utiliser comme épice, se rapprochant du légume... Où situer alors la Belgique ?

Le G7, qui tient son sommet annuel à Biarritz du 24 au 26 août, a-t-il encore une utilité ? Le club des pays les plus industrialisés au monde, réunis depuis 1975 en réponse au choc pétrolier, a raté trois révolutions.

Bart De Wever l'a évoqué. Alain Destexhe et Mischaël Modrikamen l'ont fait. Le cdH a choisi l'opposition à tous les niveaux de pouvoir. Le 26 mai, trois écuries politiques ont gagné des élections. Le Vlaams Belang, Ecolo/Groen et le PTB/PVDA. Toutes les autres, défaites. Mais hors Destexhe (Listes du même nom) et Modrikamen (PP), et hors Olivier Maingain (DéFI), qui n'a pas attendu le scrutin pour faire savoir qu'il passerait la main, quel que soit le résultat, personne n'a démissionné

Bart De Wever a parlé d'or, le 26 mai au soir. "L'électeur a toujours raison." Et plutôt deux fois qu'une. Déjà, parce qu'il est allé voter. Et puis parce que, comme le client, qui paie et est donc à ce titre roi, c'est sa voix, et uniquement la sienne, qui symbolise les réalités de son temps. Et c'est elle qu'il faut prendre en compte.

Pourquoi l'incendie de Notre-Dame de Paris, un fait divers, nous bouleverse-t-il et nous interpelle-t-il tant ? A côté des raisons élémentaires (proximité avec la France, attrait historique et patrimonial, must touristique), notre sensibilité est aiguisée par une succession de dichotomies.

Maître du monde. Debout, avec tous les autres, autour, assis. Lui, un mètre devant, bras au ciel, hurlant victoire, au-dessus des clameurs, de la foule innombrable, de l'arène, des gladiateurs, des morts et de ceux qui les ont défaits. C'était le 15 juillet, à Moscou, au soir.

"Trump devait exister. Tôt ou tard. Comme hologramme du populisme universel. Mais la question aujourd'hui est comment s'en débarrasser, et au plus vite. La compétence universelle a légiféré sur le droit d'intervenir partout pour sauver l'humanité des massacres, ne le peut-elle pas pour nous sauver tous ?" C'est le questionnement de Kamel Daoud, dans Le Point du 17 mai.

L'escalade meurtrière des violences entre Israéliens et Palestiniens dans la bande de Gaza et la confrontation entre l'Etat hébreu et l'Iran sur le sol syrien sont symptomatiques du Moyen-Orient que dessinent les décisions unilatérales et irréfléchies de Donald Trump, la dénonciation de l'accord international sur le programme nucléaire iranien et la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël consacrée par le transfert de l'ambassade.

Le ton badin affiché par Kim Jong-un lors des séquences publiques de l'historique sommet intercoréen de Panmunjom, le 27 avril, prouve que diriger la dictature la plus fermée de la planète n'empêche pas de manier avec habileté les ressorts de la communication du monde globalisé à l'occidentale.

Il est toujours difficile, et hasardeux, d'écrire l'histoire au moment où elle se fait. Début juin 1968, dans Le Monde diplomatique, Guy Michaud s'interrogeait ainsi, déjà, sur la nature profonde des événements alors en cours, en Occident, et qui allaient entrer dans l'histoire sous l'appellation "Mai 68". Révolte ou révolution ?