Tout sur Claude Guéant

Jugé à compter de lundi pour "corruption" dans l'affaire dite "des écoutes", prochainement pour ses dépenses excessives lors de la présidentielle 2012, et poursuivi pour un financement libyen supposé de sa campagne de 2007: l'ex-président français Nicolas Sarkozy vit sa retraite politique sous pression judiciaire.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy se trouvait mercredi en garde à vue pour le deuxième jour dans l'enquête sur des soupçons de financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne électorale victorieuse de 2007.

L'étrange démarche d'Armand De Decker auprès de l'Elysée et des renseignements français, en mars 2011, fait désormais l'objet d'une enquête au parquet de Paris. En Belgique, par contre, la justice ne s'est pas (encore ?) intéressée à ce volet troublant du Kazakhgate.Par Thierry Denoël - Enquête avec Alain Lallemand (Le Soir) et Mark Eeckhaut (De Standaard) et Yann Philippin (Mediapart)

Compliqué, ce bourbier kazakh qui implique trois Etats et une multitude d'acteurs de haut rang. La commission d'enquête parlementaire sur la transaction pénale boucle ses travaux de prospection dans la précipitation et avec un enjeu politique de taille pour le MR du Premier ministre Charles Michel. Décryptage.

Patokh Chodiev a versé beaucoup d'argent à ses avocats en 2010 et 2011, dont une partie en cash. A qui était destiné ce cash ? Juste aux avocats ? Ou aussi à des politiques ? Pourquoi Didier Reynders a-t-il rencontré l'avocate de Chodiev en 2012 ? Enquête.

Il y a comme une odeur persistante de scandale à tous les étages de nos institutions, dans ce sombre dossier d'influence. Cette fois, c'est l'ancien patron de la Sûreté de l'Etat qui est mouillé par le Kazakhgate. On peut désormais parler de "l'affaire Winants". Hallucinant.

Entendu ce matin par la Commission d'enquête parlementaire Kazakhgate, l'ancien ministre de l'Intérieur français Claude Guéant nous a appris au moins deux choses. 1. Il y a bien eu une demande du Kazakhstan à la France de trouver une issue favorable aux ennuis judiciaires belges de Patokh Chodiev. 2. Jean-François Etienne des Rosaies, l'homme de l'ombre de l'Elysée dont les mails ont fait éclater puis rebondir le scandale d'Etats lié au trio kazakh, n'est pas du tout un farfelu. Intéressant...

"La France n'a pas mené d'action pour infléchir la loi belge" sur la transaction pénale élargie, a assuré mercredi l'ex-secrétaire général et ex-ministre français de l'Intérieur Claude Guéant, renvoyant le dossier Kazakhgate à une affaire d'intérêts privés mais reconnaissant avoir validé le nom de l'avocate Catherine Degoul, conseillère du trio Chodiev.

Le Vif/L'Express et De Standaard divulguent deux nouveaux documents qui attestent l'implication de l'ex-ministre de l'Intérieur de Sarkozy dans le Kazakhgate. Il s'agit notamment d'une carte manuscrite de Claude Guéant lui-même, évoquant le travail accompli par Armand De Decker " pour les intérêts de la France "...

Selon des pièces de l'enquête française que Le Vif/L'Express et De Standaard divulguent, le vice-Premier ministre libéral et son bras droit Jean-Claude Fontinoy auraient bien eu des contacts avec les protagonistes du Kazakhgate, Catherine Degoul, l'avocate de Chodiev, et Etienne des Rosaies, homme de l'ombre de Sarkozy.