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Le Bureau du Plan et la Banque nationale de Belgique ont livré leurs prévisions économiques pour 2020. Un Produit intérieur brut (PIB) en recul de 8 % en volume et un endettement de 115 % du PIB. C'est énorme. Comment pourrait-il en être autrement avec 1,2 million de travailleurs en chômage temporaire et 300 000 indépendants confrontés à un brusque arrêt de leur activité ?

Un PIB qui pourrait se contracter de 8 % en 2020, un déficit public d'au moins 7,5 %, une explosion de la dette... Les prévisions de la BNB et du Bureau du Plan sont pessimistes. Mais contrebalancées par l'espoir d'une reprise rapide - dite " en V " - après la crise du coronavirus. A condition de prendre les bonnes mesures de relance au niveau belge et européen. Et là, ce n'est pas gagné.

Le président du MR Georges-Louis Bouchez a défendu bec et ongles jeudi, dans une réaction à Belga, le tax shift mis en place par la coalition MR-N-VA-CD&V-Open Vld après les élections de 2014. Le financement du tax shift et ses retombées a été une nouvelle fois sévèrement critiqué par Ecolo et le PS après la publication dans La Libre d'un déficit probable en hausse qui risque bien de forcer le futur gouvernement fédéral à opérer des choix budgétaires délicats.

Le Bureau du Plan voit le pouvoir d'achat (revenu disponible réel) du Belge augmenter de 2,2% au moins cette année, selon ses dernières prévisions publiées jeudi. C'est une progression un peu plus élevée que l'an dernier (+1,3%).

En 2016 et 2017, le bien-être des Belges s'est amélioré alors qu'il était en baisse après la crise de 2008, note le Bureau du Plan dans un rapport publié mardi. Mais cette amélioration n'est pas partagée par tous. Le bien-être des moins de 65 ans et des personnes à revenu moyen a diminué entre 2008 et 2017. Le bien-être des plus de 65 ans et des personnes à revenu bas ou élevé a par contre augmenté.

Les chiffres du Bureau de Plan montrent que le déficit budgétaire se chiffrera à nouveau à 7,7 milliards d'euros en 2019. Néanmoins, l'ambition ultime du gouvernement de relance socio-économique était un budget équilibré. "Est-ce de l'incompétence ou l'arrogance du pouvoir", se demande Ivan Van de Cloot, économiste en chef de l'institut Itinera.

En Belgique, les allocations minimales restent inférieures au seuil de pauvreté, qui est de 1.198,60 euros nets par mois pour un isolé. Sollicité par le ministre de l'Emploi Kris Peeters, le Bureau du Plan a calculé qu'un relèvement de ces minima au niveau du seuil de pauvreté coûterait 1,14 milliard d'euros par an, selon un communiqué jeudi du vice-Premier ministre CD&V.