Tout sur Bande dessinée

Le 9e art redécouvre plus que jamais ses ancêtres, et se rend compte qu'il n'a rien inventé. Un phénomène qui déborde de bons livres, mais aux origines essentiellement... étrangères.

La nouvelle génération des lecteurs-consommateurs, abreuvés de séries télé, ne peut plus attendre un an avant de lire une suite qui tient en 44 planches. Il en faut plus et plus vite.

L'auteur suisse de Titeuf remet le couvert de Happy Sex, un album réservé aux adultes et dédié aux blagues de cul. Mais toutes y sont décomplexées, bien de leur temps, féministes et forcément jouissives.

Le Musée juif de Belgique, à Bruxelles, retrace un siècle de bande dessinée américaine, riche en auteurs de sa communauté. Les questions d'identité et d'émancipation y restent d'ailleurs centrales.

Emile Bravo poursuit son grand oeuvre autour de la jeunesse de Spirou avec la deuxième partie de L'Espoir malgré tout, qui plonge l'icône, pas encore adulte, dans les horreurs de la guerre. Et, bientôt, aux portes de la Shoah.

Deux des meilleurs auteurs flamands sortent chacun un album en français consacré à un peintre. Mais à mille lieues des us francophones : le premier se consacre à un inconnu, le second à un avatar imaginaire !

Devenue, le 1er novembre, la nouvelle directrice du Musée de la BD, Isabelle Debekker a été préférée à des candidats externes qui avaient présenté des projets ambitieux pour redynamiser l'institution bruxelloise. Une décision qui suscite de vifs remous parmi les auteurs et éditeurs.

Entre cirque et madeleine, le nouvel Astérix déboule en cinq millions d'exemplaires. Un phénomène hors norme qui en ferait presque oublier le travail de ses auteurs-repreneurs.

Avec Les Indes fourbes, Alain Ayroles et Juanjo Guarnido donnent une suite en bédé au El Buscon, de Quevedo, un classique des lettres espagnoles. Et inventent ainsi le roman graphique picaresque, aussi baroque qu'impressionnant.

Alors que le "musée de la BD" à Bruxelles s'apprête à fêter ses 30 ans et à changer de direction, les structures privées se multiplient autour des arts graphiques. Un phénomène qui en dit long sur les intérêts en jeu et la faillite des institutions belges en matière de préservation de l'un des fleurons de notre patrimoine culturel.

Peu habituée aux collaborations entre stars, la BD franco-belge s'offre un album-événement de Blake et Mortimer façonné par François Schuiten, Jaco Van Dormael, Thomas Gunzig et Laurent Durieux. Le premier - et le seul - qui sort la série de ses rails, sans trahison aucune.

François Boucq fête ses 45 ans de carrière avec un nouvel album de son héros loufoque Jérôme Moucherot, en pleine quête existentielle. Une bonne raison de rendre visite à cet aristocrate du rire et du trait chez lui, à Lille.

L'auteur francophone le plus lu et traduit après Jules Verne et Alexandre Dumas disparaissait il y a trente ans. Tout le contraire de son oeuvre, plus vivante que jamais. C'est l'avis de son fils et de son meilleur illustrateur.

La Kazerne Dossin prolonge jusqu'en juin prochain la fantastique exposition Shoah et BD. On l'a visitée avec Michel Kichka, auteur belgo-israélien directement concerné, et par l'expo, et par le lieu.

L'ancienne moitié du duo Dupuy-Berberian donne une suite à son Histoire de l'art, dans un album à nouveau spectaculaire et totalement libre. Un jeu de miroirs et de questions mêlant Man Ray, Duchamp et l'auteur lui-même.