Tout sur avortement

Le Sénat espagnol a définitivement approuvé mercredi la réforme de la loi sur l'avortement, qui interdit aux mineures d'avorter sans consentement parental, une version assouplie d'une réforme vivement contestée par l'opposition.

Il y a 25 ans, le 3 avril 1990, le gouvernement belge votait la loi Lallemand-Michielsen dépénalisant partiellement l'interruption volontaire de grossesse. Mais à l'heure où un vent réactionnaire souffle sur l'Europe et où la pénurie de médecins menace, l'IVG demeure plus que jamais environnée de secret et de culpabilité.

L'ambition du gouvernement - portée par le ministre CD&V de la Justice Koen Geens - et de la majorité parlementaire, de modifier le Code civil de manière à offrir un statut pour l'enfant mort-né procède "insidieusement" d'une intention "idéologique" de "fragiliser les motifs à la base de la dépénalisation de l'avortement", estime le président du Centre d'Action Laïque (CAL), Henri Bartholomeeusen dans une lettre ouverte publiée jeudi.

L'avortement est interdit au Chili, ce qui pousse de nombreuses femmes à pratiquer des avortements clandestins. L'ONG Corporación Miles et l'agence publicitaire Grey Chile ont lancé une campagne-choc sur le web pour tenter de convaincre les dirigeants de voter en faveur d'une loi de dépénalisation de l'IVG.

Il y a 25 ans, le roi Baudouin était prêt à abdiquer pour ne pas signer la loi dépénalisant l'avortement. Grâce à une entourloupe constitutionnelle, on n'en arrivera cependant pas à de telles extrémités. Néanmoins, durant une journée, la Belgique n'a plus eu de roi.

"On constate toujours une stigmatisation de l'avortement dans la société belge. Avorter reste un tabou", déplore Julie Harlet, chargée de communication de la Fédération des centres de planning familial des Femmes prévoyantes socialistes (FPS).

La Chambre américaine des représentants, dominée par les républicains, a adopté jeudi une proposition de loi qui pérenniserait l'interdiction de l'utilisation de fonds publics fédéraux pour des avortements ou des assurances incluant l'avortement, au jour anniversaire de la légalisation de l'IVG.

Le chef du gouvernement de droite espagnol Mariano Rajoy a annoncé mardi le retrait du projet de loi très controversé sur l'avortement, dont il avait fait l'une de ses grandes promesses électorales mais qui a suscité de nombreuses critiques jusque dans son camp.