Tout sur Attentats de Paris

Près de huit mois après les attaques djihadistes les plus meurtrières jamais perpétrées en France, et au terme de quelque 200 heures d'auditions, la commission d'enquête parlementaire sur les attentats perpétrés en 2015 rend ses conclusions mardi.

Ibrahim El Bakraoui, l'un des terroristes qui est mort en faisant exploser sa charge le 22 mars à Brussels Airport, déclare dans un enregistrement retrouvé sur un ordinateur jeté dans une poubelle de la rue Max Roos que Mohamed Bakkali n'avait pas connaissance de ses intentions lorsque celui-ci a loué les appartements et voitures pour son compte.

Des parlementaires belges enquêtant sur les attentats du 22 mars à Bruxelles, accompagnés de leurs homologues français de la commission d'enquête sur la lutte contre le terrorisme, se sont recueillis lundi à Paris devant la salle du Bataclan, au centre des attaques jihadistes du 13 novembre.

Le seul membre encore en vie des commandos jihadistes du 13 novembre est arrivé tôt vendredi au palais de justice, au coeur de Paris, pour un premier interrogatoire très attendu pour la suite de l'enquête. L'audition de Salah Abdeslam est désormais "terminée", "il n'a pas souhaité s'exprimer aujourd'hui" et a indiqué "qu'il le ferait plus tard", a déclaré l'un de ses avocats, Frank Berton.

Sven Mary, l'avocat belge de Salah Abdeslam, principal accusé des attentats de Paris, se confie dans les colonnes du quotidien français Libération. Il explique la difficulté d'assurer la défense d'un prévenu aussi décrié. L'avocat ne mâche pas ses mots en traitant Abdeslam de petit "petit con" qui a "l'intelligence d'un cendrier vide", "exemple parfait de la génération GTA".

Abou Ahmad: les enquêteurs ne connaissent que son nom de guerre, mais ils soupçonnent cet homme d'avoir orchestré depuis la Syrie la venue en Europe de deux des kamikazes du 13 novembre et de deux autres jihadistes, probablement missionnés pour participer aussi aux tueries de Paris.

Salah Abdeslam, seul survivant du commando djihadiste qui a fait 130 morts et des centaines de blessés à Paris le 13 novembre, a été inculpé mercredi par un juge français, notamment d'assassinat à caractère terroriste, et incarcéré dans une prison proche de Paris.

La commission parlementaire de suivi des organes de contrôle des services de police et du renseignement a octroyé mardi un carton jaune au comité P après le rapport rendu en conclusion de sa mission portant sur la gestion par les équipes belges des événements qui ont conduit aux attentats de Paris.

Un Algérien et un Pakistanais qui devaient rallier Paris depuis la Syrie pour y "accomplir une mission" pour l'Etat islamique, selon les déclarations du premier d'entre eux, ont été arrêtés début octobre à Leros (Grèce), rapportent mardi plusieurs quotidiens français sur base d'informations révélées vendredi par le Washington Post. Les deux suspects avaient voyagé vers l'Europe parmi des réfugiés, en compagnie de deux terroristes qui se sont fait exploser à Saint-Denis le 13 novembre.

Dimanche soir, le quotidien français Libération annonçait que, selon ses informations, Mohamed Abrini a expliqué aux enquêteurs à la suite de son arrestation que l'intention initiale de "la nébuleuse djihadiste franco-belge" était de passer à l'action durant l'Euro de football, en juin/juillet en France.

Mohamed Abrini, l'un des suspects-clé des attaques de Paris en novembre, a été interpellé vendredi à Bruxelles et au moins une autre personne arrêtée dans le cadre de l'enquête sur les attentats du 22 mars en Belgique.