Tout sur André Gilles

En mars 2017, en plein scandale Publifin, un contrat ultraconfidentiel est signé par Stéphane Moreau avec Pol Heyse et Dominique Drion chez Ogeo Fund. Il accorde notamment à Moreau 620.000 euros en cas de licenciement. Peu après, Stéphane Moreau est contraint par la FSMA de démissionner du comité de direction d'Ogeo. Un an plus tard, le trio signe un second contrat qui octroie rétroactivement à Moreau 580.000 euros pour sa démission. L'argent n'a toujours pas été libéré et le nouveau conseil d'administration du fonds de pension remet en question la légalité de ces contrats.

Ogeo Fund, le fonds de pension d'Enodia (ex-Publifin), fait l'objet d'un rapport d'inspection très sévère de la FSMA, le gendarme financier. Prêt illégal, investissements trop risqués, contrôle défaillant des sous-traitants, conflits d'intérêts: les cadavres se bousculent dans les placards d'Ogeo. Et des dizaines de millions sont partis en fumée.

Comme elle l'avait annoncé, la ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR), a rejeté les désignations des représentants de Nethys au sein de l'intercommunale Publilec. Les désignations d'André Gilles, de Pol Heyse et de Stéphane Moreau en tant qu'administrateurs sont donc annulées, annonce vendredi la ministre régionale.

Dominique Drion démissionnera des mandats qu'il détient au sein des sociétés filiales de Nethys, bras opérationnel de Publifin. André Gilles se pliera quant à lui aux "demandes des instances", ont annoncé vendredi "Le Soir" et SudPresse.

La justice a versé au dossier Publifin le PV de la réunion inaugurale, le 7 mai 2007, du premier comité de secteur "Socolie". Considéré comme "faux intellectuel", ce document, dont l'existence a été révélée par Le Vif/L'Express en mars dernier, enfreint l'interdiction ministérielle de rémunérer les membres des comités de secteur.

Stéphane Moreau n'est plus l'administrateur-délégué d'Ogeo Fund, indique lundi la Meuse (Sudpresse) sur son site internet. L'intéressé a confirmé l'information au quotidien en précisant qu'il allait désormais s'occuper du comité financier du fonds de pension liégeois, le cinquième plus important de Belgique.

Nethys, la société opérationnelle du groupe Publifin, a décidé d'assigner devant le tribunal civil de Namur cinq des députés les plus en vue de la commission d'enquête du parlement wallon, leur reprochant d'avoir enfreint les droits de la défense, révèle mercredi Sudpresse.

José Happart, candidat à la présidence de la fédération liégeoise du PS, a vivement critiqué l'exclusion de l'ancien député provincial André Gilles du parti socialiste. Contacté par l'agence Belga, il a annoncé qu'il compte demander des explications à la commission de déontologie, notamment sur sa composition et sur les arguments ayant mené à cette décision.

Le Parti socialiste exclut André Gilles, a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué. Il était devenu l'ennemi éthique numéro 1.

André Gilles a officiellement démissionné vendredi après-midi de son mandat de président du conseil provincial, poste qu'il occupait depuis 2006. Présent au sein de l'hémicycle provincial depuis 30 ans, il a également annoncé qu'il ne siégerait pas en tant que conseiller provincial, mettant ainsi fin à sa vie politique.

Le débat tant réclamé par certains groupes de l'opposition au sein du conseil communal de Liège a finalement eu lieu lundi soir en séance publique, trois mois après l'éclatement du scandale Publifin impliquant des mandataires liégeois ayant perçu des émoluments pour n'avoir que peu ou pas assisté à des réunions. Un scandale que le MR a qualifié de "tsunami".

Le président du PS, Elio Di Rupo, qui ne s'était plus exprimé depuis le bureau politique de la formation fin janvier dans la tourmente du scandale Publifin-Nethys, estime que la situation est "grave". "Il y a un préjudice considérable pour le parti", estime-t-il dans une interview accordée au Soir et aux titres Sudpresse jeudi.