Tout sur Alain Winants

5000 brochures sur le salafisme: voilà ce que la Sûreté de l'État distribuera bientôt parmi les services de police, parquets, administrations communales, CPAS, universités, prisons et établissements de jeunes. Le service de renseignement souhaite sensibiliser le grand public à la menace qui émane du courant radical.

L'étrange démarche d'Armand De Decker auprès de l'Elysée et des renseignements français, en mars 2011, fait désormais l'objet d'une enquête au parquet de Paris. En Belgique, par contre, la justice ne s'est pas (encore ?) intéressée à ce volet troublant du Kazakhgate.Par Thierry Denoël - Enquête avec Alain Lallemand (Le Soir) et Mark Eeckhaut (De Standaard) et Yann Philippin (Mediapart)

Il y a comme une odeur persistante de scandale à tous les étages de nos institutions, dans ce sombre dossier d'influence. Cette fois, c'est l'ancien patron de la Sûreté de l'Etat qui est mouillé par le Kazakhgate. On peut désormais parler de "l'affaire Winants". Hallucinant.

La journée de ce mercredi 19 avril au sein de la commission d'enquête parlementaire " transaction pénale " a été particulièrement houleuse et révélatrice. De plus en plus gênée aux entournures, entre autre à cause du rôle du MR dans ce scandale d'Etat, la majorité veut tout faire pour mettre le couvercle sur le travail de la commission.

La Sûreté de l'Etat ne disposait pas d'informations qui offraient une plus-value par rapport aux sources ouvertes constituées de coupures de presse, a indiqué mercredi l'ex-administrateur général Alain Winants, justifiant le fait que les autorités politiques et judiciaires n'ont pas été informées avant 2016 des agissements à l'Elysée de l'ex-président du Sénat Armand De Decker au printemps 2011.

Un rapport de la Sûreté de l'Etat de 2016 évoque une démarche très curieuse d'Armand De Decker (MR) : en mars 2011, il est intervenu auprès de la DCRI (services de renseignement français) pour l'inviter à collaborer avec la Sûreté belge dans le cadre du dossier Chodiev. Il y a là, pour le moins, un parfum de scandale et de sérieuses questions sur l'attitude du patron de la Sûreté de l'époque, Alain Winants, entendu ce mercredi par la commission Kazakhgate. Enquête Le Vif/L'Express et De Standaard.

La lutte va être sanglante pour le poste d'administrateur général et de son adjoint, à la Sûreté de l'Etat. Les partis avancent leurs pions, en se donnant une apparence d'objectivité. Délai de présentation des candidats : 12 jours !

Il est "problématique" que la Sûreté de l'Etat cite sans réfléchir les noms de politiciens et d'autres personnes dans un rapport confidentiel sur l'Eglise de Scientologie, ressort-il d'un rapport du Comité I, organe chargé de surveiller les services de Sûreté et de renseignement, dont le quotidien De Morgen a pu prendre connaissance.