Tout sur Agression sexuelle

Le phénomène des violences sexuelles représente un problème de droits humains qui atteint des proportions épidémiques. L'affaire du quartier étudiant d'Ixelles, où un serveur aurait à plusieurs reprises drogué et abusé de jeunes femmes, constitue un énième exemple de ce fléau. La lutte contre les violences sexuelles avec une attention particulière pour l'utilisation des drogues du viol doit être une priorité politique. Une carte blanche de la députée bruxelloise Bianca Debaets et de la sénatrice Maud Vanwalleghem (CD&V).

La direction des bars Waff et El Café, situés dans le quartier du Cimetière d'Ixelles et dont un membre du personnel est visé par de nombreuses plaintes pour des viols et agressions sexuelles, a réagi jeudi à l'affaire, indiquant avoir écarté ce dernier "en attendant que toute lumière soit faite" et assurant qu'elle se portera partie civile "si les faits sont avérés".

Il y a ceux qui découvrent les faits, abasourdis, et ceux qui savaient sans trop voir le mal: les révélations, à paraître jeudi, d'une éditrice séduite, adolescente, par l'écrivain Gabriel Matzneff font s'entrechoquer, en France, deux époques et deux regards sur la pédophilie.

Au moins 87.000 femmes ont été tuées de manière intentionnelle en 2017, dans les pays pauvres comme dans les riches, selon des chiffres de l'ONU. Plusieurs pays ont cependant adopté des législations efficaces.

En Belgique et en France, les plaintes pour viol explosent, alors que les condamnations sont en fort recul, depuis dix ans. La pénaliste française Isabelle Steyer dénonce un système judiciaire misogyne dans lequel les femmes continuent à être perçues comme "affabulatrices". Amnesty International confirme, en pointant des lois européennes défaillantes et une culture de culpabilisation des victimes perpétuant l'impunité.

Un pouvoir méprisant, ignorant des réalités des plus faibles, imperméable à la remise en question, déterminé à masquer ses turpitudes... Cette dérive n'est pas le fait d'un cercle dirigeant d'institution internationale, d'une collusion de politiciens ou d'une entente de patrons de multinationale... Elle est le reflet de l'attitude qu'adopta l'Eglise catholique face au fléau de la pédophilie et des abus sexuels.

Près d'un tiers (29%) des victimes accueillies dans un centre de prise en charge des violences sexuelles (CPVS) entre octobre 2017 et 2018 étaient âgées de moins de 18 ans, a indiqué jeudi la secrétaire d'Etat à l'Egalité des chances, Zuhal Demir. Celle-ci a établi un bilan de l'activité des trois centres situés à Gand, Bruxelles et Liège et inaugurés voici un an.

Ils sont une minorité. Pourtant, les médecins violeurs existent. Probablement plus que les plaintes et les condamnations le laissent entrevoir. Car la parole des patientes victimes n'est pas toujours écoutée et la lourdeur des mécanismes de sanctions - quand ils existent - permet une certaine impunité.

Rarement procès n'a-t-il été plus médiatisé en Espagne et n'a-t-il engendré autant de réactions : la condamnation le 26 avril avril 2018, à 9 ans de prison, pour " agression sexuelle " et " abus de faiblesse " de cinq hommes ayant abusé d'une jeune fille de 18, pendant les festivités de Pampelune, en 2016 met l'Espagne en colère : le jugement est considéré comme laxiste.

L'acteur américain Bill Cosby a été reconnu coupable jeudi d'agression sexuelle sur Andrea Constand en 2004 par un jury populaire de Pennsylvanie, au terme de près de trois semaines de procès.

À l'occasion des réactions sociales générées par l'affaire Weinstein, des intervenants dans le domaine de l'aide aux victimes veulent attirer l'attention sur les souffrances psychologiques et sociales qu'éprouvent les victimes, leurs difficultés à prendre la parole et à porter plainte, les obstacles qu'elles rencontrent dans le processus judiciaire.

Le théologien musulman suisse Tariq Ramadan, visé par deux plaintes pour viol en France, a été déféré au parquet de Paris dans la nuit de jeudi à vendredi en vue d'une inculpation, selon une source judiciaire.

En réaction au lancement de plusieurs campagnes de dénonciation de harcelement sur les réseaux sociaux ("#BalanceTonPorc", notamment) suite à l'affaire Wenstein, le polémiste français Eric Zemmour a jugé ces pratiques comme étant de la "délation", et les a comparées à la dénonciation des juifs pendant la guerre.