La statistique surprend. Mais elle n'est pas si irrationnelle : cette flambée surgit comme la conséquence paradoxale des avancées thérapeutiques. Celles-ci s'accompagnent d'une recrudescence des conduites à risque dans le milieu gay. Le paradoxe est d'autant plus profond qu'entre le début des années 1980 et 2000, cette même communauté s'est montrée exemplaire en matière de prévention et de pédagogie. Aujourd'hui, c'est l'inverse. "Que ce soit dans la communauté gay belge, en Europe de l'Ouest ou aux Etats-Unis, le phénomène est identique : les 15-25 ans, c'est-à-dire tous ceux qui n'ont pas connu l'épidémie des années 1980, sont moins soucieux de se protéger", analyse Thierry Martin, directeur de l'association Prévention sida. Une bonne partie des infections semblent récentes, et la contamination se propage rapidement dans une petite communauté. D'autant que c'est durant les premières semaines suivant l'infection que la charge virale est la plus élevée, car l'organisme ne produit pas d'anticorps. Les contaminations se produisent durant cette phase de primo-infection, quand la personne ne se sait pas infectée.

"Les gays représentent un public vulnérable - du fait de la pénétration anale, notamment. Le risque de transmission est plus élevé que chez les hétérosexuels. Nous devons nous adresser spécifiquement au public gay, également dans le cadre de campagne grand public. Tous les gays ne fréquentent pas les bars", conclut Thierry Martin.

S.G.

La statistique surprend. Mais elle n'est pas si irrationnelle : cette flambée surgit comme la conséquence paradoxale des avancées thérapeutiques. Celles-ci s'accompagnent d'une recrudescence des conduites à risque dans le milieu gay. Le paradoxe est d'autant plus profond qu'entre le début des années 1980 et 2000, cette même communauté s'est montrée exemplaire en matière de prévention et de pédagogie. Aujourd'hui, c'est l'inverse. "Que ce soit dans la communauté gay belge, en Europe de l'Ouest ou aux Etats-Unis, le phénomène est identique : les 15-25 ans, c'est-à-dire tous ceux qui n'ont pas connu l'épidémie des années 1980, sont moins soucieux de se protéger", analyse Thierry Martin, directeur de l'association Prévention sida. Une bonne partie des infections semblent récentes, et la contamination se propage rapidement dans une petite communauté. D'autant que c'est durant les premières semaines suivant l'infection que la charge virale est la plus élevée, car l'organisme ne produit pas d'anticorps. Les contaminations se produisent durant cette phase de primo-infection, quand la personne ne se sait pas infectée. "Les gays représentent un public vulnérable - du fait de la pénétration anale, notamment. Le risque de transmission est plus élevé que chez les hétérosexuels. Nous devons nous adresser spécifiquement au public gay, également dans le cadre de campagne grand public. Tous les gays ne fréquentent pas les bars", conclut Thierry Martin. S.G.