Le concept a été développé par une équipe de l'université technologique de Nanyang, à Singapour, en 2015. Depuis, une poignée de start-up européennes se sont emparées de l'idée. Arrivées à maturité, leurs technologies arrivent sur le marché. Et pourraient provoquer une petite révolution dans le bâtiment.
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Le concept a été développé par une équipe de l'université technologique de Nanyang, à Singapour, en 2015. Depuis, une poignée de start-up européennes se sont emparées de l'idée. Arrivées à maturité, leurs technologies arrivent sur le marché. Et pourraient provoquer une petite révolution dans le bâtiment. Exit les panneaux solaires au silicium alcalin. La nouvelle génération de batteries photovoltaïques est organique, quasi transparente et aussi fine qu'une feuille de papier. Pionnière sur ce créneau, l'entreprise allemande Heliatek a récemment mis au point de nouvelles molécules organiques absorbantes. Non seulement, cette spin-off des universités de Dresde et d'Ulm détient le record mondial de l'efficacité énergétique en laboratoire, mais elle vient de dévoiler un petit bout de plastique, tout fin - moins de 1 mm - presque transparent, qui contient l'une des technologies Green Tech les plus prometteuses au monde. Baptisé HeliaFilm, le film abrite des cellules photovoltaïques qui se collent sur les façades, les toits et les fenêtres des bâtiments pour fournir de l'électricité propre, jusqu'à 80 watts par mètre carré. De quoi rendre de nombreux bâtiments autonomes en énergie, sans installation coûteuse sur les toits. La technologie est tellement prometteuse qu'elle a attiré un important investisseur belge, Engie. L'électricien, qui dispose aujourd'hui de quelque 10 MW photovoltaïques en Belgique, souhaite commercialiser l'Heliafilm à grande échelle dès 2018, pour arriver à 50 MW photovoltaïques d'ici deux ans. Pour l'heure, l'énergéticien a déjà installé 50 mètres carrés de ces films sur le bâtiment de sa filiale Laborelec, à Linkebeek. En s'intégrant sur les façades, le film photovoltaïque permet de décupler les mètres carrés exploitables. La technologie est encore adolescente, mais d'autres industriels comme Vinci ou Saint-Gobin développent aussi leurs produits, en intégrant directement le film photovoltaïque dans du verre. Au rythme de ces innovations, le photovoltaïque organique pourrait rapidement détrôner d'autres formes d'énergies. Le prix de l'électricité d'origine photovoltaïque ayant déjà baissé d'un quart par rapport à 2009, les experts estiment qu'il devrait encore diminuer de 66 % d'ici 2040. Ce qui signifie qu'à cette date, un euro permettra d'obtenir deux à trois fois plus d'énergie solaire qu'actuellement. Par Dorian Peck.