Baptisé la " baubotanik " (ou la " construbotanique "), ce nouveau concept s'inspire d'une technique ancestrale. Et notamment de la manière dont les peuples autochtones comme les Khasi, en Inde, laissaient pousser les racines de ficus pour former des ponts végétaux au-dessus des rivières. Botaniste amateur, mais ingénieur aguerri, Ferdinand Ludwig a étudié la croissance des arbres pour l'intégrer à la construction de bâtiments.
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Baptisé la " baubotanik " (ou la " construbotanique "), ce nouveau concept s'inspire d'une technique ancestrale. Et notamment de la manière dont les peuples autochtones comme les Khasi, en Inde, laissaient pousser les racines de ficus pour former des ponts végétaux au-dessus des rivières. Botaniste amateur, mais ingénieur aguerri, Ferdinand Ludwig a étudié la croissance des arbres pour l'intégrer à la construction de bâtiments. Un de ses premiers projets, construit à Nagold, en Allemagne, en 2012, est bien plus qu'une cabane dans les arbres. C'est une véritable prouesse architecturale. " Ce cube se compose, à la base, d'une structure en acier à laquelle sont accrochés des récipients contenant environ 1 000 platanes, explique Ferdinand Ludwig. Avec le temps, ils fusionneront pour ne former qu'un seul organisme vivant. " Il sera alors possible d'enlever les structures en acier avec, pour résultat final, un bâtiment vivant fait d'un seul arbre. Si le résultat pourrait bien ne pas être visible avant 2028, les avantages de cette nouvelle architecture sont nombreux : sentiment de bien-être quand le vent s'engouffre dans la frondaison, fraîcheur agréable à l'intérieur du cube, végétalisation de l'espace public. Sans oublier, l'attrait d'un bâtiment qui change d'aspect à chaque saison. Pourrons-nous un jour habiter dans ces constructions vivantes ? Ferdinand Ludwig, qui a ouvert un bureau d'étude dédié à cette discipline, n'en doute pas. Mais le chemin est encore long. " La Baubotanik reste dans une phase expérimentale. On parvient à accélérer la croissance des arbres, mais certains facteurs comme l'humidité, le froid ou les hausses de température excessives sont mal maîtrisés, concède l'architecte. Les platanes de Nagold, par exemple, ont dû affronter des conditions météorologiques difficiles. Et il a fallu apprendre à gérer ces difficultés. Mais à l'avenir, on pourra construire des bâtiments, des ponts et même des tours selon le même procédé. " En attendant, le bois retrouve les faveurs des professionnels de la construction. Ses qualités thermiques et écologiques séduisent. Idéal pour garder la chaleur du logement, réguler l'humidité, il a aussi des atouts en matière d'acoustique. Et contrairement au béton, il se renouvelle... Verra-t-on un jour des gratte-ciel en bois ? La construction prochaine à Bordeaux de deux tours en bois de plus de 50 mètres, Hypérion et Silva, constituera un baptême du feu... Mais dans cinq à dix ans, la part de marché attendue du matériau noble dans la construction sera de 15 à 20 %. Par Dorian Peck.