Selon une étude publiée dans la revue Journal of Experimental Psychology en 2015, de nombreux Américains ont une image tronquée de ce qui s'est passé le 11 septembre 2001.
...

Selon une étude publiée dans la revue Journal of Experimental Psychology en 2015, de nombreux Américains ont une image tronquée de ce qui s'est passé le 11 septembre 2001. Quelques jours après les attentats, des chercheurs issus de plus d'une douzaine d'universités ont interrogé 2.100 Américains dans tout le pays sur leur expérience personnelle du 11-Septembre (où ils se trouvaient, avec qui ils étaient et comment ils avaient réagi). Mais lorsque les chercheurs leur ont posé à nouveau les mêmes questions après 1, 3 et 10 ans, les sondés ont changé leur histoire et ont donné des réponses fondamentalement différentes. On peut l'expliquer par le fait que les gens se souviennent d'éléments distincts au sujet de leur expérience du 11-Septembre, mais oublient comment assembler le puzzle de manière précise. Par exemple, un homme se souvenait qu'il était dans la rue lorsqu'il a appris la nouvelle, mais en fait il était au bureau. L'homme était probablement aux deux endroits ce jour-là, mais ses souvenirs se sont estompés avec le temps. Contrairement aux souvenirs personnels, les souvenirs réels des évènements (combien d'avions, quel bâtiment...) étaient en moyenne précis à 80% en tout temps pour les Américains. L'information erronée a même été corrigée au fil du temps. La grande attention que les médias accordent chaque année à la tragédie n'est pas étrangère à ce phénomène. "La mémoire humaine n'est pas un ordinateur", explique l'auteur de l'étude et professeur en psychologie, William Hirst. "La mémoire humaine est extrêmement faillible." De plus, les gens ont tendance à s'en tenir à leurs faux souvenirs. Beaucoup ont modifié leur version des faits un an après le 11 septembre 2001 et se sont encore trompés des années plus tard. On peut l'expliquer par le fait que les souvenirs ne sont pas faciles à changer une fois ancrés dans la mémoire. "Avec le temps, une histoire cohérente commence à se former", dit Hirst. "Et une fois que vous avez cette histoire structurée et cohérente, elle vous reste."De plus, il s'agit d'un drame collectif dans lequel les gens partagent constamment leurs histoires donc elles restent stables au fil des ans, même si elles contiennent des erreurs. Le fait que les autres aient un souvenir plus 'sensationnel' des mêmes évènements fait aussi que nous remettons inconsciemment en cause nos propres histoires."La manière dont les autres questionnent nos souvenirs influence aussi notre mémoire. Dans l'étude Loftus and Palmer de 1974, on a demandé aux gens de regarder des vidéos d'accidents de voiture, puis d'évaluer la vitesse des véhicules. Lorsqu'on leur a demandé à quelle vitesse les voitures roulaient lorsqu'elles "se crashaient", les participants ont indiqué qu'elles roulaient plus vite que lorsque l'auteur parlait "d'entrer en contact" avec les autres.