Le quotidien anglais dévoile les dernières découvertes importantes suite à l'ouverture de ce que la tradition chrétienne considère comme étant la tombe de Jésus. A la fin du mois d'octobre, la plaque de marbre protégeant le tombeau a été déplacée durant trois jours dans le cadre de travaux de restauration menés dans l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem, site le plus sacré du christianisme.

C'est la première fois que cette pierre tombale est ainsi soulevée depuis au moins l'an 1810, lorsque de précédents travaux de restauration avaient été entrepris à la suite d'un incendie, a indiqué le Père Samuel Aghovan, le supérieur de l'église arménienne. "C'est émouvant, car c'est quelque chose dont nous parlons depuis des siècles", a déclaré cet ecclésiastique.

Une seconde dalle en marbre

Les chercheurs ont découvert le marbre sur lequel le corps de Jésus aurait été déposé. Ils ont aussi découvert une seconde dalle en marbre totalement inconnue des experts. Elle est gravée d'une croix qui a dû être réalisée au 12e siècle par des Croisés.

L'archéologue Fredrik Hiebert du National Geographic, partenaire du projet, déclare: "La chose la plus incroyable a été pour moi le moment où l'on a enlevé la première couche de poussière et qu'on a découvert une seconde dalle en marbre." Il ajoute : "Cette dalle-là était grise et non de couleur crème comme la première à l'extérieur, et en plein milieu, il y avait une croix, superbement gravée. Nous n'avions aucune idée que nous allions trouver cela là."

"Nous étions tous très curieux, alors, nous avons regardé dans la tombe et avons vu de nombreux gravats. Elle n'était donc pas vide, même s'il ne s'agissait pas d'os et d'artefacts", explique encore l'un des responsables des travaux menés par des experts grecs.

Les archéologues et théologiens ont débattu pendant des décennies afin de savoir si la basilique du Saint Sépulcre, dans la vieille ville de Jérusalem, était bel et bien l'endroit où le Christ a été enterré et où il a ressuscité. Au cours des siècles, la basilique en question a en effet subi de nombreuses déteriorations, suite à des incendies, des tremblements de terre et des invasions. Elle a été reconstruite de nombreuses fois et les experts n'étaient plus certains de savoir si la tombe avait été déplacée et ce qu'elle pouvait bien contenir.

Selon la tradition chrétienne, le corps de Jésus a été posé dans un lit funéraire taillé dans le roc à la suite de sa crucifixion par les Romains en l'an 30 ou 33. Les chrétiens croient que le Christ a ressuscité et que des femmes venues oindre son corps trois jours après son enterrement ont affirmé qu'elles n'avaient rien trouvé.

Lieu de pélerinage des Croisés

Ces récentes découvertes prouvent que ce haut-lieu de pèlerinage abrite bien la tombe du christ dont la construction fut initiée par l'Empereur Constantin au 4e siècle de notre ère, et qu'il s'agit d'un endroit vénéré par les Croisés, selon les archéologues qui définissent cette découverte de "fantastique".

Les recherches sont financées par 3 confessions chrétiennes du Saint Sépulcre (Grecs-Orthodoxes, Franciscains et Arméniens) ainsi que des contributions publiques et privées.

Les discussions ont été longues avant l'ouverture effective du tombeau. Les experts parlent d'une victoire de la négociation à ce sujet. Un travail d'analyse préparatoire a été réalisé en dehors de la tombe avec des microscopes à fibre optique et des thermographies à infra-rouges avant de pouvoir l'ouvrir. Les données sont si riches qu'il faudra des mois avant de pouvoir les exploiter. L'équipe de chercheurs a comme projet de les utiliser afin de créer un tombeau virtuel pour le grand public.

Restauration

Le projet de restauration dans l'église du Saint-Sépulcre a débuté en mai. Des échafaudages ont été montés autour du site, ainsi que des panneaux de protection tandis qu'une structure métallique a été apposée devant l'entrée du tombeau pour protéger les touristes. Cette restauration est prévue pour durer huit mois afin d'être terminée pour les fêtes de Pâques de 2017. Elle est menée par des experts grecs avec le soutien de la National Geographic Society, selon l'AFP.

Le tombeau est situé dans une petite structure connue sous le nom d'édicule qui a été reconstruite en marbre à la suite d'un incendie. Il est soutenu depuis des dizaines d'années par une structure métallique, qui maintient ensemble les blocs de marbre. Mais ceux-ci se désolidarisent sous l'effet, autrefois des intempéries et, aujourd'hui, de l'afflux quotidien de milliers de pèlerins et touristes.