Lire dans l'esprit des gens pour savoir ce qu'ils pensent est un rêve que certains convoitent. Ou tout du moins, de nombreux auteurs s'en servent pour pimenter leurs romans fantastiques. Et si cette capacité de prédiction n'était pas un rêve, mais bien la réalité ? Des chercheurs ont, en tous cas, réussi à prédire les décisions prises par des personnes, en moyenne onze secondes avant qu'elles n'annoncent leurs choix. Une explication à ce phénomène : le cerveau ferait ses choix avant même que nous nous en rendions compte.
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Lire dans l'esprit des gens pour savoir ce qu'ils pensent est un rêve que certains convoitent. Ou tout du moins, de nombreux auteurs s'en servent pour pimenter leurs romans fantastiques. Et si cette capacité de prédiction n'était pas un rêve, mais bien la réalité ? Des chercheurs ont, en tous cas, réussi à prédire les décisions prises par des personnes, en moyenne onze secondes avant qu'elles n'annoncent leurs choix. Une explication à ce phénomène : le cerveau ferait ses choix avant même que nous nous en rendions compte.Lors de cette étude, des chercheurs de l'University of New South Wales ont placé 14 participants dans une machine à IRM permettant d'observer l'activité de leur cerveau. Ils leur ont alors demandé de choisir entre deux motifs : l'un avec des bandes verticales vertes ou l'autre avec des bandes horizontales rouges. Chaque participant n'avait que 20 secondes pour prendre une décision.Une fois le motif choisi, ils étaient invités à appuyer sur un bouton, tout en se représentant mentalement le motif retenu, puis à estimer sur une échelle de 1 à 4 à quel point cette représentation était claire dans leur esprit.Lorsque les chercheurs ont observé l'activité cérébrale des participants, grâce à une imagerie permettant de distinguer les zones cérébrales stimulées, ils sont parvenus à prédire jusqu'à onze secondes à l'avance le choix des participants. "Nous avons réussi à décoder des informations sur les images choisies dans les aires visuelles, frontales et sub-corticales du cerveau en moyenne 11 secondes avant que la décision du participant n'intervienne", expliquent Roger Koenig-Robert et Joel Pearson, les deux co-auteurs de l'article.Lorsque nous sommes confrontés à un choix, nous avons l'impression de savoir ce que nous pensons et vers quel choix nous allons nous tourner. Mais en réalité, il préexiste des traces inconscientes de pensées, expliquent les chercheurs. Cela signifie qu'au fur et à mesure de notre processus de décision, notre cerveau sélectionne à l'avance "la trace" la plus forte. "En d'autres termes, si une activité cérébrale préexistante correspond à l'un de vos choix, votre cerveau sera plus susceptible de choisir cette option", explique Joel Pearson. On peut donc supposer que notre cerveau a ses préférences."Nous pensions que nos décisions étaient conscientes, mais ces données montrent que la conscience n'est que la pointe de l'iceberg", s'exclame John-Dylan Haynes, neuroscientifique à l'Institut Max Planck, qui a dirigé le étude.Mais dans ce cas, cela signifie-t-il que nos décisions sont prédéterminées ? Les neuroscientifiques émettent quelques réserves : cette étude ne remet pas en question le libre-arbitre, mais montre simplement que la prise de décision est un processus complexe, parfois amorcé inconsciemment. Et de là, on peut se poser une nouvelle question : les pensées indésirables, qui encombrent parfois notre esprit, ne seraient-elles finalement que le produit de notre activité cérébrale ?