Contrairement aux capteurs de vision externes à l'oeil, cette prothèse, qui se substitue à la rétine endommagée, permet de restaurer les neurones oculaires grâce à des nanofils en silicium. Ceux-ci imitent les cônes et les bâtonnets de la rétine sensibles à la lumière. Résultat : la résolution obtenue est supérieure à n'importe quelle autre prothèse créée à ce jour.
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Contrairement aux capteurs de vision externes à l'oeil, cette prothèse, qui se substitue à la rétine endommagée, permet de restaurer les neurones oculaires grâce à des nanofils en silicium. Ceux-ci imitent les cônes et les bâtonnets de la rétine sensibles à la lumière. Résultat : la résolution obtenue est supérieure à n'importe quelle autre prothèse créée à ce jour. Un peu partout, des start-up développent des traitements pour régénérer la vue. Les projets les plus avancés, comme celui de la biotech américaine Ocata Therapeutics, réduisent déjà l'impact de la DMLA (la dégénérescence maculaire liée à l'âge) sur la rétine avec des cellules souches embryonnaires. D'autres, comme l'Américain Second Sight, commercialisent leur propre système de vision bionique. Mais aucune de ces prothèses n'a réussi à restaurer intégralement la vue. En France, la société de Pixium Vision travaille sur un implant de nouvelle génération contre la DMLA qui touche 30 millions de personnes dans le monde. Le produit est une sorte de cellule photovoltaïque qui s'injecte sous la rétine, une intervention d'une heure sous anesthésie locale pouvant se faire dans un simple cabinet médical, sans bloc opératoire. Des tests, conduits en laboratoire sur des primates, montrent chez ceux qui ont été opérés de la rétine une plus grande sensitivité à la lumière et une augmentation de l'activité dans leurs cortex visuels primaires. Une première implantation a déjà été réalisée cette année, en Espagne, sur un patient septuagénaire qui a déclaré " avoir ressenti une première perception lumineuse ". Dans le détail, ce système oculaire, doté de 150 électrodes, stimule artificiellement la rétine déficiente et lui redonne une vision des formes et des mouvements. Néanmoins, il ne faut pas encore s'attendre à un miracle. Comme l'explique la société française, " cette forme artificielle de vision bionique est très différente de la forme naturelle de vision. La rétine humaine ne fonctionne pas comme un appareil photo. Elle ne capte pas d'image, ni d'exposition, elle n'envoie que l'information la plus pertinente au cerveau. " En clair, un patient muni de cet implant perçoit des signaux lumineux qu'il va devoir apprendre à interpréter. Le système une fois au point pourra aussi être utilisé contre la rétinite pigmentaire, une maladie génétique qui touche une personne sur 4 000 en Europe. Dans cette pathologie, la vision commence à se rétrécir vers l'âge de 20 ans et la personne est aveugle vers 40 ou 50 ans. Le produit à l'étude pourrait être commercialisé à partir de 2020. Reste que l'implant coûte très cher, pas loin de 100 000 euros, mais des dossiers de remboursement ont été déposés, et l'Allemagne sera le premier pays à le rembourser intégralement. Par Dorian Peck.